Les algues, trésors de l’océan bénéfique pour notre santé 

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Alimentation, minceur, santé, mais aussi écologie… Les possibilités d’exploitation des algues ne cessent de s’élargir. Enquête sur ce nouvel or vert.

Les algues sont les végétaux de l’extrême. Soumises à des conditions de vie hostiles, elles ont su développer des systèmes de défense extrêmement performants. Leur capacité d'adaptation est étonnante puisque la majeure partie des espèces existe depuis l’origine de la vie. En plus, elles semblent représenter un potentiel illimité : sur 800 espèces recensées, seule une trentaine sont aujourd'hui exploitées... pour notre bien-être.

Elles enrichissent les formules cosmétologiques

Si la cosmétique n'est pas le premier utilisateur d'algues en France (c'est l'industrie agroalimentaire), elle reste le secteur qui va le mieux tirer parti de sa diversité. Pas étonnant lorsqu'on sait qu'il existe de nombreuses similitudes entre les cellules de la peau et celles des algues. Les algues, comme la peau, sont constituées de tissus perméables. Elles se nourrissent directement par osmose dans l'eau de mer et font face aux mêmes agressions, comme le vent, le froid ou le soleil.

Logique donc que 90% des laboratoires cosmétiques puisent dans la mer pour enrichir leurs formules. Chacun va avoir son propre mode de traitement des algues, que ce soit sous forme de phytoplanctons, d'extraits secs ou micro-éclatés, pour bénéficier de leurs qualités.

Résultat : des formules cosmétiques antioxydantes, anti-âge, super protectrices et dynamisantes.

À chaque algue, on peut faire correspondre des spécificités :

  • les rouges pour l'éclat de la peau, mais aussi comme antimicrobiens ou filtres UV;
  • les brunes pour leurs vertus stimulantes, reminéralisantes et amincissantes ;
  • les bleues réputées raffermissantes et anti-inflammatoires ;
  • les vertes, utilisées pour leurs effets tenseurs, filmogène, et pour favoriser la cicatrisation, voire la reconstruction de la peau.

Côté minceur, nos alliées sont sans conteste les grandes algues, dites macro-algues. Elles foisonnent le long des côtes, et peuvent mesurer jusqu'à 100 mètres de long. L'une des plus connues est le fucus, qui a la propriété de concentrer jusqu'à 500 000 fois les oligoéléments et sels minéraux contenus dans l'eau de mer, notamment l'iode. Or, ce dernier est indispensable au métabolisme des lipides.

C'est pourquoi on en trouvera dans les soins à visée détoxifiante, amincissante et drainante.

Des saveurs iodées dans votre assiette

Manger des algues ? Ce genre d'idées ne nous aurait pas traversé l'esprit il y a quelques années. Elles semblaient réservées aux Japonais. Pourtant déjà, nous en consommions sans le savoir : certaines algues rouges, les carraghénanes, entrent dans la composition de nombreux produits lactés industriels auxquels elles donnent leur aspect gélifié (elles portent la classification E407 de la classification des additifs alimentaires).

Les alginates, extraites d'algues brunes, figurent dans les glaces, sauces et plats préparés car elles peuvent former des gels durs ; elles servent aussi à encapsuler des médicaments. Sans oublier l'agar-agar, un remarquable épaississant qui remplace parfaitement les gélifiants animaux. Comme il agit aussi sur la satiété sans contenir de calorie, on l'a doté de vertus minceur. On le trouve en vente en sachet de 2 g, facile à doser et se mariant à merveille à toutes les saveurs salées ou sucrées qu'il ne modifie en rien. En effet, il n'a ni goût, ni odeur et ne fait pas de grumeaux.

On peut donc en consommer pour réguler son appétit et éviter les excès. À charge pour nous de transformer en flan tout ce qui nous tombe sous la main, du thé vert au lait d'amande, en passant par les jus de fruits.

Aujourd’hui, nous ne nous contentons plus de ces algues cachées, et nous commençons à les utiliser comme condiments, légumes ou salades pour profiter de leur richesse en nutriments (ce qui n'est pas le cas lorsqu'on les consomme comme épaississant).

Les algues concentrent, en effet, les éléments présents dans l'eau de mer, et contiennent, pour certaines d'entre elles, trois fois plus de fer que le foie de veau (pour la laitue de mer), six fois plus de vitamine C que les oranges (pour le spaghetti de mer), quinze fois plus de calcium que le lait (pour le wakamé), du cuivre, du manganèse, du zinc et de l'iode, qui régule le système thyroïdien... (comparaisons pour 100 g).

Elles sont pauvres en lipides, ce qui en fait des aliments légers à digérer, et riches en protéines et en fibres, ce qui est bénéfique pour notre transit intestinal et notre silhouette.

Les médicaments de l'océan

Employées depuis des siècles par la médecine traditionnelle chinoise et dans les régions côtières, les algues servaient alors à lutter contre les affections rhumatismales, pulmonaires ou thyroïdiennes. Aujourd’hui, on trouve des extraits d'algues marines dans une quarantaine de médicaments, l'alginate étant le principal actif utilisé en tant qu'anti-reflux œsophagien et anti-acide.

On va aussi les trouver pour prévenir les risques de décalcification, comme le font les astronautes de la Nasa lors de leurs séjours spatiaux.  Les pistes en développement sont nombreuses.

Et les propriétés étudiées sont diverses : antibactériennes, anticoagulantes, antivirales, antitumorales et anti-inflammatoires. Une étude européenne, Seahealth, a ainsi permis de montrer l'effet de polyphénols spécifiques des algues (les phlorotanins) dans la prévention contre l'athérosclérose chez l'animal.

La richesse des algues en minéraux et en oméga 3 en fait de bons candidats pour soulager le syndrome prémenstruel et les inconforts liés à la ménopause, la prise de poids, la déminéralisation et le stress. Une étude récente montre qu'une supplémentation en lithothame, riche en calcium, permet de diminuer la prise d'anti-inflammatoires chez les personnes souffrant d'arthrose du genou.

Les algues sous cette forme sont néanmoins contre-indiquées aux personnes intolérantes à l'iode ou souffrant de maladie inflammatoire du côlon. Leur usage devra être encadré pour les femmes enceintes ou allaitantes. Certaines algues d'eau douce comme la spiruline, la chlorella ou la klamath ne présentent pas de contre-indication et sont, au contraire, recommandées pour leur richesse en protéines ainsi qu'en vitamine B 12 (parfaite pour les végétariens qui en sont souvent carencés) et en enzymes.

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