L’immunonutrition : qu’est-ce que c’est et à quoi ça sert ?

Immunonutrition
L’immunonutrition, une approche personnalisée de l’alimentation basée sur l’hérédité et le métabolisme individuel, vise à renforcer le système immunitaire. Bien que cette pratique médicale soit encore en discussion et fasse l’objet de débats, elle représente une piste innovante pour la gestion de la santé, alliant analyses cliniques et biologiques.

L'immunonutrition, ça vient d'où ?

À l'hôpital, les actes thérapeutiques : traitement, chirurgie, réanimation ou les infections nosocomiales, menacent aussi des organismes affaiblis. Dans ce contexte, les cliniciens ont découvert que certains apports nutritionnels (diètes immunomodulatrices) améliorent le statut immunitaire de leurs malades.

Ainsi, le rôle anti-inflammatoire des acides gras polyinsaturés oméga 3 et le potentiel immunostimulant de l'arginine ou de la glutamine sont établis et utilisés. Patients cancéreux dénutris, malades de réanimation ou grands brûlés : les malades supportent mieux leur traitement ou leur chirurgie. Ils cicatrisent mieux et sont plus résistants aux infections.

Comment va votre immunité ?

Une simple prise de sang qui dose la NFS ou numération formule sanguine (globules blancs et rouges, plaquettes) et révèle l'existence d'une inflammation (CRP) renseigne sur un premier état de votre système immunitaire. Verdict : il est affaibli ou, au contraire, au sommet de sa forme.

Mais en complément, il existe des bilans beaucoup plus complets (profils protéiques, tests d'inflammation, numération lymphocytaire, etc.), mais aussi plus onéreux. Ces bilans demandent une technologie particulière et tous les laboratoires ne sont pas équipés pour les réaliser. Cependant, ils permettent de savoir si le système immunitaire est ralenti ou, au contraire, s'il s'emballe, le nutritionniste ou le médecin formés à l'interprétation de ces examens dispose donc de plusieurs solutions :

  • L'évaluation de l'état du statut nutritionnel en vitamines, minéraux et acides gras. Ce bilan sanguin et urinaire permet de mettre en évidence la présence ou non d'une déficience en acides gras (oméga 3...), en vitamines (A, C, E, B12), en minéraux (zinc, sélénium), nutriments indispensables au bon fonctionnement du système immunitaire.

Quels changements alimentaires en tirer ? Grâce à ces résultats, le nutritionniste détermine comment adapter l'alimentation, micronutriment par micro-nutriment, là où des déficiences sont constatées.

  • L'analyse de la flore intestinale. Nouvelles techniques d'exploration permettent d'analyser quantitativement la flore intestinale. Douze familles de bactéries sont testées après mise en culture des selles. Cet examen est intéressant, car il permet d'évaluer la flore intestinale, première barrière aux infections à l'origine de l'immunité locale. Cette flore, composée de bactéries "amies", s'oppose à l'implantation et à la multiplication de microbes qui veulent nous "attaquer". Si la flore est perturbée, elle se défend mal. Il est donc important de l'évaluer.

Comment renforcer la flore intestinale ? Une mauvaise alimentation peut suffire à fragiliser cet écosystème. Le nutritionniste peut recadrer une alimentation trop riche en protéines, en graisses saturées et en sucre. Par ailleurs, il peut renforcer l'alimentation en probiotiques (microbes ayant un effet bénéfique pour la santé) pour soutenir la flore existante.

On retrouve des probiotiques dans les produits laitiers (yaourts, lait fermenté, fromages), mais aussi dans la bière, la choucroute et les cornichons. On peut aussi faire appel à des compléments pendant un à deux mois, sous forme de gélules ou de comprimés.

Pour un bon apport alimentaire, je mange quoi ?

Vitamine C : Les aliments riches sont le cassis, les poivrons rouge et vert, le kiwi, les fraises, les oranges, les citrons..

Vitamine E : Consommez des fruits oléagineux (noisettes, amandes, pistaches, noix...), de l'huile de germe de blé et des huiles végétales.

Vitamine A : Les aliments riches sont l'huile de foie de poisson, le beurre et les œufs, mais aussi les fruits et légumes : carottes râpées, mâche ou épinards, abricots, chou vert ou haricots verts.

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Zinc : Environ 7 % des Français manqueraient de zinc, en raison de leurs habitudes alimentaires. Les femmes, les adolescents, les enfants et les personnes âgées sont principalement concernés. Parfois, les besoins sont naturellement accrus, comme chez la femme enceinte ou qui allaite, ou lors de la croissance chez les enfants et adolescents.

De plus, certains médicaments entraînent une perte de zinc, comme les antibiotiques et les anti-inflammatoires en utilisation prolongée, ou les diurétiques. Attention, l'alcool ainsi que des cures trop longues de fer ou de cuivre gênent considérablement l'absorption du zinc.

Consommez du poisson, de la viande, des céréales complètes (pain et riz complet, quinoa, boulgour, avoine, sarrasin...) et des légumes secs (lentilles, pois, haricots...).

Sélénium : Le plus souvent, un déficit en sélénium relève d'une alimentation carencée en protéines, d'une trop faible consommation de poissons ou de céréales. L'âge et l'état de santé influent aussi sur la quantité de sélénium qui se distribue dans l'organisme.

De façon générale, sont concernées toutes les personnes soumises à un stress oxydant (tabac, pollution...) ou souffrant de maladies qui s'accompagnent d'un stress oxydant, comme les infections (suites d'hépatite virale) ou les rhumatismes inflammatoires.

Privilégiez les céréales complètes, les légumineuses, les asperges, les œufs et la viande. Aucune supplémentation n'est nécessaire si ces recommandations alimentaires sont respectées ou cas particuliers vus avec le professionnel de santé.

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