Notre odorat : découvrez ses pouvoirs étonnants

femme reniflant un citron
Le parfum de notre mère, l’odeur du gâteau de notre enfance recèlent une vraie magie. Les odeurs sont des messages. Elles ravivent nos souvenirs, influencent nos comportements… et même notre sexualité. 

L’odorat : un sens "sous-coté"

De nos cinq sens, l'odorat est sans doute le plus méconnu. Et pour cause, il a longtemps été considéré comme archaïque et peu utile à l'homme. Mais, depuis quelques années, les études se sont multipliées, et ce sens mystérieux livre peu à peu ses secrets. Aujourd'hui, les odeurs fascinent et on leur prête même de nombreux pouvoirs.

Elles influeraient sur nombre de nos comportements, le plus souvent à notre insu et ne plus les percevoir nous plongerait dans la dépression. Certaines nous relaxeraient, d'autres seraient capables de nous donner envie de faire un bébé ! On peut aussi parler de ces mystérieuses molécules, les phéromones, capables de délivrer secrètement des messages sexuels...

Comment perçoit-on les odeurs ?

De l'air ambiant jusqu'à votre cerveau, le chemin des odeurs n'est pas simple.

Lorsque vous approchez une fleur de votre nez, les molécules odorantes qui s'en dégagent se déposent d'abord en haut de votre fosse nasale où elles se dissolvent dans du mucus. Puis elles entrent en contact avec des récepteurs, sortes de petites poches, portés par les cils des neurones olfactifs.

Aussitôt, un influx nerveux se déclenche et s'achemine dans le cerveau par le bulbe olfactif, véritable "gare de triage" pour les messages olfactifs. De là, toutes les informations portées par l'odeur sont dirigées vers une zone du cortex, la partie superficielle du cerveau, où elles sont reconnues dans leur globalité et identifiées.

Pourquoi est-ce un sens à part ?

Ce qui fait la spécificité du système olfactif, c'est qu'il est relié directement à notre cerveau émotionnel. Car le cerveau ne se contente pas d'identifier une molécule odorante, il l'associe à une émotion, à un contexte affectif et la mémorise.

Ainsi, il suffit de sentir une odeur une fois pour que son souvenir agréable ou répugnant s'inscrive à vie dans notre cerveau, comme s'il s'agissait d'une image. Voilà pourquoi, des années plus tard, l'arôme d'un gâteau fera ressurgir de délicieux souvenirs d'enfance. Cela explique aussi pourquoi une odeur peut vous donner la nausée même si votre expérience malheureuse avec un aliment avarié remonte à votre jeunesse.

Et si l'on perd son "nez" ?

En perdant l'odorat, on perd le plaisir de se nourrir. L'odorat étant une composante essentielle du goût, l'anosmie (perte de l'odorat) se traduit chez certains patients par l'impression de manger du carton.

Autre conséquence : La capacité d'alerte vis-à-vis des dangers comme une odeur de brûlé ou de nourriture avariée n'existe plus. Enfin, l'anosmie prive de précieuses informations sur le monde qui nous entoure.

L'anosmie peut faire perdre le goût à la vie. Qu'elle résulte d'un traumatisme crânien, d'infections nasales ou de maladies endocriniennes, la perte d'odorat est toujours très mal vécue, et peut conduire à la dépression. D'autant que les anosmiques sont souvent incompris par leur entourage...

Les parfums influencent-ils notre humeur ?

Respirer quelques gouttes de jasmin rend joyeux, la rose apaise et adoucit, l'ylang-ylang calme et la lavande relaxe. Faut-il vraiment croire aux effets des senteurs sur notre état psychologique ? La réponse des scientifiques est mitigée...

S'ils reconnaissent que les odeurs agréables ont tendance à abaisser notre niveau d'anxiété, que certaines peuvent influencer notre état émotionnel, ils refusent de généraliser ces effets, tellement les odeurs sont liées à notre histoire personnelle.

Les femmes ont-elles un meilleur odorat ?

On dit que les femmes ont de l'intuition, mais ont-elles plus de nez ? Il semble que oui. Mais, fait original, leur perception olfactive est influencée par les hormones sexuelles.

Résultat : Les femmes ont un meilleur odorat au moment de l'ovulation. En revanche, une baisse de l'acuité olfactive est observée durant les règles et après la ménopause. La grossesse occasionne un vrai désordre dans la perception des odeurs. L'afflux d'œstrogènes entraîne une hyperosmie (hypersensibilité olfactive). Ainsi, ne vous étonnez pas si vous ne pouvez plus sentir votre parfum préféré !

Quelles sont les vertus du "parfum maternel" ?

C'est démontré : à peine le bébé a-t-il pointé le bout de son nez, que déjà il le met à contribution. Dès sa naissance, il oriente sa tête en direction d'une source olfactive privilégiée : le sein de sa mère. Si ce comportement n'est plus, comme chez les autres mammifères, indispensable à la survie du petit, il n'en reste pas moins que les odeurs jouent un rôle primordial dans les processus d'attachement entre la mère et l'enfant.

Pour preuve : Dès le deuxième jour, une mère reconnaît son bébé entre tous rien qu'à l'odeur et, dès son sixième jour de vie, le bébé est capable du même exploit. Enfin, le pouvoir apaisant des odeurs maternelles est universellement constaté sur son tout-petit.

L'odeur des bébés a-t-elle un pouvoir magique ?

Vous l'avez sans doute remarqué : un nombre important de femmes se pensant stériles sont enceintes après qu'elles aient adopté un bébé. Face à cette situation, certains gynécologues se sont demandés si l'odeur corporelle du bébé adopté, perçue par la mère au cours de leurs relations, ne pourrait pas avoir un effet physiologique déclencheur, une telle découverte pourrait révolutionner le traitement de certaines stérilités.

Sentir un bébé pour en attendre un : voilà une hypothèse qui mérite d'être explorée !

Peut-on communiquer grâce aux phéromones ?

Et si nous utilisions, comme les animaux et à notre insu, un système de communication secret pour attirer nos partenaires ? L'idée est séduisante.

Mais les phéromones, ces substances chimiques volatiles et inodores, apparentées aux hormones, que l'on secréterait, porteuses de message de désir, existent-elles vraiment ? Il n'y a pas de preuve, mais des indices.

Le plus spectaculaire, c'est sûrement la synchronisation des cycles menstruels observée chez des femmes vivant ensemble dans un couvent ou un pensionnat ou la possibilité de retarder ou d'avancer le moment de l'ovulation chez une femme à qui l'on demande de renifler les aisselles d'une autre !

Si de telles expériences tendent à prouver l'existence d'une communication phéromonale chez les êtres humains, le problème, c'est qu'on ne comprend toujours pas comment elle fonctionne.

Les hormones : sont-elles vraiment irrésistibles ?

Vaporisez des extraits d'hormone mâle (une structure chimique proche des phéromones) sur un téléphone et demandez à des femmes de passer un coup de fil. Elles resteront beaucoup plus longtemps en ligne que celles qui ont utilisé un téléphone "neutre", sans être capables d'expliquer pourquoi. Avouez qu'il y a de quoi être troublé...

Mais, attention, ces expériences n'ont pas seulement nourri des fantasmes, elles ont aussi alimenté des rêves de profit et fait naître nombre de parfums avec un pouvoir attractif prétendu irrésistible.

Inutile de vous précipiter pour les acheter, car les spécialistes de l'odorat sont unanimes : le philtre d'amour n'existe pas...

Développez votre odorat

L'odorat est affaire d'apprentissage, il est donc possible et même souhaitable de l'améliorer tout au long de la vie. On peut le faire pour soi, pour mieux communiquer avec l'environnement ou pour des raisons professionnelles, si l'on veut devenir un "nez". Exercer son odorat, on le fait tous les jours sans s'en rendre compte.

Mais prendre conscience des odeurs, y associer un nom, les distinguer (deux espèces de roses auront deux senteurs différentes), prendre des cours d'œnologie, se rendre dans un musée du parfum, ou jouer à des jeux de société basés sur la reconnaissance d'odeurs sont des moyens ludiques, mais néanmoins efficaces, pour entraîner son odorat.

L’odorat : une empreinte familiale

Si l'on vous met sous le nez un T-shirt déjà porté, saurez-vous dire s'il appartient à un membre de votre famille ou à un inconnu ? C'est la question que se sont posée des chercheurs en neurobiologie. Et la réponse est oui ! Notre odorat est capable de décrypter les liens familiaux.

Cette expérience fait suite à des études, menées chez la souris, qui ont prouvé l'existence d'une "identité olfactive" susceptible d'influencer le comportement. En effet, tout se passe comme si la souris mâle choisissait, pour se reproduire, une femelle qui possède un patrimoine génétique très éloigné du sien. Pour faire ce choix, l'animal "reconnaîtrait" l'odeur émise par la femelle, un tel mécanisme lui permettant d'assurer la survie de l'espèce en maintenant une diversité génétique.

Pour expliquer un tel comportement, les chercheurs ont émis l'hypothèse que les gènes qui déterminent notre identité génétique pouvaient être les mêmes que ceux qui déterminent notre "identité" olfactive. Autrement dit, que notre "cerveau Olfactif" pourrait détecter chez l'autre un patrimoine génétique différent. On ne sait pas encore comment, mais aussi surprenant soit-il, ça existe.

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