Le sucre en 8 questions

Différents types de sucre
Surpoids, diabète, maladies cardiovasculaires… Cette douceur est accusée de tous les maux ! À tort ou à raison ? Nos réponses. 

1. Le sucre fait-il grossir ?

NON. De récentes enquêtes épidémiologiques disculpent les sucres : ils ne font pas grossir. A condition d'être consommés raisonnablement, comme pour tout aliment. Ceux qui consomment le plus de sucres (glucides) seraient même les plus minces.

Comment cela s'explique-t-il ? Ces molécules apportent, pour une même quantité ingérée, moins de calories que les graisses ou encore l'alcool (4 kilo- calories par gramme de sucre ingéré, contre 7 kcal pour l'alcool et 9 kcal pour les graisses) et donnent rapidement une impression de satiété.

2. Pour maigrir, il faut restreindre les sucres ?

OUI. Ce qu'il faut diminuer, ce sont les sucres "très hyperglycémiants" type soda ou pâte de fruits avalés à jeun : en élevant brutalement la glycémie, ils provoquent illico une libération massive d'insuline par le pancréas. Spécialisée dans la régulation de la glycémie, cette hormone va "diriger" les sucres et corps gras en excès vers les réserves de graisse corporelle.

Ce qu'il faut privilégier, ce sont donc les sucres "peu hyperglycémiants", type légumes secs, pâtes et certains fruits (poire, pomme, pamplemousse). En plus de calmer l'appétit, ils sont en grande partie "brûlés". De toute façon, les sucres doivent représenter 55 % de l'apport énergétique total.

3. Faut-il encore parler de sucres "lents" et "rapides" ?

NON. En théorie, cette distinction n'a plus cours. En effet, on a découvert que certains sucres dits "lents" pouvaient passer beaucoup plus vite dans le sang que leurs homologues dits "rapides". On parle plutôt de sucres "très hyperglycémiants" et d'autres "peu hyperglycémiants" (voir question précédente).

Cela dépend de l'aliment : sa forme liquide ou solide, sa texture, son mode de cuisson, son accompagnement avec des graisses, des protéines ou des fibres, ou encore son mode de consommation (en grignotage ou pendant le repas). Enfin, il ne faut pas perdre de vue qu'il y a des variations individuelles. La glycémie de chacun réagira différemment après l'ingestion d'un même aliment.

4. Le sucre peut-il causer un diabète ?

OUI et NON. Rappelons d'abord qu'il existe deux sortes de diabète, avec, comme manifestation commune, un taux trop élevé de glucose dans le sang (hyperglycémie). Le diabète de type 1 ou insulino-dépendant se déclare avant 25 ans ; il provient d'un manque d'insuline sécrétée par le pancréas. Le diabète de type 2, lui, concerne les personnes d'âge mûr. L'insuline ne parvient plus à réguler la glycémie, car l'organisme est devenu résistant à son action. Et ces diabétiques sont souvent en excès de poids et sédentaires.

Nutritionnistes, diabétologues et diététiciennes sont aujourd'hui d'accord, ni le saccharose (sucre blanc), ni les glucides en général ne sont responsables du diabète.

5. Les diabétiques ont-ils le droit d'en manger ?

OUI. Les diabétiques ont le droit de manger du sucre. A condition de respecter quelques règles : veiller à ce que la proportion des glucides ne dépasse pas la moitié de l'apport énergétique privilégier les aliments peu hyperglycémiants comme les pâtes ; lutter contre le surpoids en limitant la consommation de corps gras et d'alcool.

6. Peut-on en prendre au petit-déjeuner ?

OUI, car ce repas vient à point pour renouveler les réserves de notre corps, épuisées après huit à dix heures de sommeil. Et plus particulièrement en sucres.

Or, ces derniers interviennent en premier chef pour apporter l'énergie psychique et physique tout au long de la matinée et pour assurer le fonctionne- ment optimal de la mémoire. Sous forme de pain, de confiture, de miel, de céréales ou de fruits... les douceurs du petit-déjeuner sont variées !

7. Favorise-t-il les caries ?

OUI, le sucre joue un rôle incontestable dans la formation de la carie. Il est l'aliment préféré des bactéries qui s'agglutinent en permanence à la surface des dents. Le problème, c'est qu'elles le transforment illico en substance acide, agressive pour l'émail.

Reste que les sucres ne sont pas seuls en jeu. Le moment de la prise alimentaire (proscrire les bonbons et biberons sucrés avant le coucher), le temps de séjour dans la bouche (il vaut toujours mieux mâcher pour permettre à la salive d'agir) la texture plus ou moins collante de l'aliment ; la personne elle-même, selon sa prédisposition et son hygiène bucco-dentaire... autant de facteurs décisifs dans l'apparition de caries.

8. On dit souvent que le nouveau-né préfère le sucré. C'est vrai ?

OUI, dès la naissance, le nourrisson manifeste nettement sa préférence : déposez-lui sur la langue une goutte de liquide sucré, et il esquisse un sourire. Si c'est un liquide amer, il résiste et fait la grimace.

Ce goût inné pour le sucre tiendrait au fait que dans la nature, les aliments sucrés sont en général comestibles et les produits amers, potentiellement toxiques.

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