Aidons les familles à soutenir leurs parents âgés

Une femme agée se balade avec sa petite fille dans le parc
Contrairement à ce qui a été dit lors du récent drame de la canicule, la plupart des familles assurent leur rôle auprès de leurs aînés. Mais elles sont peu aidées. Enquête. 

Quelles est la place des personnes âgées dans notre société ?

« Il aura fallu le drame de la canicule de 2022, s'exclame Raymond, 76 ans, pour que vous découvriez, que, nous, les vieux, on existe ! » Depuis des années, les professionnels alertent sur le manque de moyens dans la prise en charge des personnes âgées, parent pauvre des politiques gouvernementales successives.

Les événements du mois d'août ont encore souligné les failles du système : sous-médicalisation et personnel insuffisant dans les maisons de retraite, manque de personnel dans l'aide à domicile, insuffisance du nombre des lits spécialisés en gériatrie... Mais ce terrible mois d'août a surtout agi comme un électrochoc et révélé la solitude dans laquelle se trouvent certains de nos aînés. Ils seraient ainsi 300 000 à vivre dans l'isolement !

Cette dure réalité reflète-t-elle pour autant un abandon généralisé des personnes âgées par les familles ? Ce drame humain a fait réaliser que les personnes âgées n'ont plus de place dans la société. Celle-ci ne les prend plus en considération et elle ne leur reconnaît aucune utilité sociale.

Pourtant, bien souvent, les familles assurent leur rôle au quotidien. Non, les familles n'abandonnent pas. Malgré l'éclatement des familles (diminution du nombre des mariages, augmentation des divorces, apparition des familles recomposées), la solidarité familiale existe toujours.

Lorsqu'une personne âgée vivant à domicile devient dépendante, le soutien est apporté par la famille dans 80 % des cas. Seules 7 % des personnes âgées vivant à leur domicile reçoivent une aide uniquement professionnelle. Arrêtons de culpabiliser les familles, cherchons plutôt à les aider.

Les aides à domicile sont insuffisantes !

La majorité des personnes âgées souhaitent rester le plus longtemps possible chez elles. Or, sans les familles, le maintien à domicile est impossible à mettre en place. Mais les aides proposées demeurent insuffisantes. Il faudrait développer les services de prise en charge comme la téléassistance, le portage des repas ou des médicaments, le développement des hébergements temporaires et le renforcement des aides financières.

De leur côté, les associations d'aide à domicile, trop peu nombreuses elles aussi, connaissent une pénurie de personnel qui souffre lui-même d'un manque de formation.

Depuis les années 1970, la cohabitation de plusieurs générations sous le même toit (image emblématique de la famille d'autrefois) n'existe pratiquement plus. Mais ne nous y trompons pas, que les familles n'aient plus à s'occuper seules de leurs parents, qu'elles soient aidées par des professionnels, c'est plutôt un bienfait, à condition que l'accompagnement affectif soit présent.

En fait, la séparation de domicile résulte assez souvent d'un choix réciproque. « Ma mère s'est occupée de ses parents à la maison pendant des années, raconte Suzanne, 82 ans. C'était très lourd pour elle. Moi, je préfère avoir mon indépendance, mes enfants doivent préserver leur vie de couple. On vit donc à proximité, mais chacun chez soi. »

Les liens de voisinage sont un vrai rempart contre la solitude

Les liens de voisinage, dans certains cas, sont aussi une réponse dans la lutte contre la solitude. Discuter de la pluie et du beau temps avec mes voisins, saluer la concierge, échanger des nouvelles du quartier avec la boulangère... tous ces moments apportent un peu de chaleur.

Ces liens de voisinage rassurent et donnent un sentiment d'existence. Ils jouent un grand rôle. Bien que fragiles, ces liens ne sont pas basés sur le sentiment de solidarité, mais plutôt sur l'échange social. Ils ont aussi une fonction d'alerte dans les situations d'urgence.

Pour renforcer ces relations, il faudrait repenser l'espace dans les villes et les villages avec des lieux de rencontre, maintenir les commerces de proximité, développer les transports accessibles et l'accompagnement des personnes âgées hors de chez elles...

Le problème, aujourd'hui, est que l'on est entré dans une logique de réflexion basée uniquement sur la prise en charge de la personne âgée et de son coût, qui souhaite donner une dimension plus humaine à l'accompagnement. Or la situation ne se réduit pas à une question de moyens. Il faut repenser le problème dans le sens de l'échange, de l'écoute et de la prise en considération de la personne âgée !

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