Adolescents : les guider vers la bonne contraception

A Woman Choosing Between Birth Control Methods
La contraception est un sujet délicat que les adolescentes abordent difficilement spontanément, car elles le vivent comme appartenant à leur intimité. Elles ne souhaitent pas parler de leur sexualité à leurs parents, et peuvent craindre que le médecin les informe de leur souhait de prendre un contraceptif. Des conseils indispensables pour les jeunes, plus particulièrement les adolescentes, afin d’éviter grossesse non désirée ou infection sexuellement transmissible.  

Du côté des parents, il est délicat de demander à sa fille où elle en est dans sa vie amoureuse Mais il ne faut pas, non plus, nier que son adolescente grandit, qu'elle est devenue une jeune fille avec un besoin de séduire, d'être aimée et d'aimer. À cette période charnière, le dialogue est d'autant plus essentiel. Pour discuter, faut oser lui parler de l'importance de respecter son corps, d'être sûr de ses sentiments avant un premier rapport pour ne pas le regretter après, etc. On peut aussi lui demander où en sont ses amies, pour avoir une idée Si certaines d'entre elles ont déjà eu des rapports, il ne faut pas hésiter à rappeler à sa fille qu'il ne s'agit pas de faire comme les autres pour avoir le sentiment d'être une adulte Il faut être sûr d'aimer et d'avoir confiance en son partenaire.

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En tant que parents, il est parfois difficile de voir son enfant devenir une jeune fille, surtout si elle ne vit pas selon les grands principes qu'on lui a inculqués quand elle était petite.

Cependant, il est capital qu'elle sache comment se protéger contre une grossesse non désirée ou une infection sexuellement transmissible (I.S.T.). Or, chaque année, en France, plus de dix mille grossesses chez des mineures se terminent par un avortement, avec le risque que ce traumatisme puisse être marquant et culpabilisant pour le reste de leur vie.

Du premier baiser à la première fois

Regards, Cœur qui bat vite, mains qui se frôlent... Les adolescents s'échangent généralement leur premier baiser autour de treize/quatorze ans. S'ensuivent des jeux amoureux, des caresses, des expériences sexuelles non complètement abouties, L'âge moyen du premier rapport n'a d'ailleurs pas évolué depuis plusieurs dizaines d'années, il se situe aux alentours de dix-sept ans, et plus de la moitié des adolescents âgés de quinze à dix-neuf ans se définissent comme encore vierges.

Aujourd'hui, les jeunes sont mieux informés, mais ils sont encore entre 10 et 20 % à avoir un premier rapport non protégé : « À la maison, il n'était pas question que je parle de contraception, même à ma mère, explique Marine, 17 ans. Au début, j'avais tout le temps peur d'être enceinte et j'attendais mes règles avec impatience. J'ai économisé et je suis allée chez le médecin sans en parler à mes parents le trouve dommage de ne pas pouvoir me confier à eux. »

Éviter une grossesse et les maladies !

Se protéger, à l'adolescence, c'est éviter une grossesse non désirée et prévenir toute infection sexuellement transmissible. Les jeunes sont particulièrement concernés par cette question, du fait d'une vie sexuelle irrégulière pour une grande partie d’entre eux.

Des études menées par le Baromètre santé jeunes montrent que leur premrière relation dure de cinq mois à un an, Avant la suivante, il se passe en moyenne un à quatre mois. Tout au long de l'adolescence, les jeunes vivent donc une succession d'aventures épisodiques. À dix-huit ans, pratiquement la moitié des adolescentes ayant eu des rapports sexuels disent avoir déjà connu plusieurs partenaires.

Quels moyens contraceptifs choisir ?

Le dialogue entre l'adolescente et le médecin est ce qu'il y a de plus important lors de la première consultation.

Il permet au médecin de connaitre les antécédents personnels de l'adolescente et de lui prescrire le contraceptif le plus adapté à sa situation, Il est également important qu'elle sache que les propos échangés dans un cabinet médical sont confidentiels et que, conformément à la loi (2001), une mineure n'a besoin d'aucun consentement parental pour obtenir un contraceptif.

Adolsecente qui pleure avec un test contraceptif
Les expériences sexuelles sont souvent effectuées sans la connaissance suffisante des risques encourus. La liberté doit être assumée avec la plus grande prudence. © Istock / AntonioGuillem

Au premier rendez-vous, l'adolescente peut être tendue, inquiète, l'examen clinique (poids, taille, pression artérielle) peut suffire, L'examen gynécologique peut être reporté, d'autant plus si la jeune fille n'a pas encore eu de relations sexuelles. Il en va de même pour les analyses biologiques (glycémie et bilan lipidique), sauf si l'entretien révèle un problème. Dans ce cas, l'analyse de sang est prescrite avant la prise d'un contraceptif oral. L'utilisation d'un préservatif est alors la seule solution. De toute façon, elle est toujours nécessaire pour se protéger des I.S.T. et du sida, deux moyens contraceptifs quels les jeunes ont principalement recours sont la pilule et le préservatif.

En 2017, 83 % des adolescentes utilisaient la pilule et 28 % des jeunes le préservatif.

La pilule œstroprogestative

Elle est la plus prescrite aux adolescentes. Elle est efficace à presque 100 % si elle est prise correctement.

Ses avantages : les jeunes filles ne sont pas obligées de la prendre à heure fixe. Certaines pilules peuvent réduire l'acné, régulariser les cycles menstruels et diminuer les douleurs des règles les pilules de premières et deuxièmes générations sont remboursées par la Sécurité sociale, mais non celles de troisième génération, de surcroit plus cher.

Ses inconvénients : si elle est la plupart du temps bien tolérée, parfois, au début, l'adolescente peut ressentir des douleurs à la poitrine et prendre quelques kilos (elle les reperdra par la suite).

Ses contre-indications : elle est interdite chez les jeunes filles ayant des antécédents personnels ou familiaux de thrombose (caillot sanguin, phlébite, embolie pulmonaire…) ou souffrant de certaines maladies comme le lupus.

La micro-progestative

Elle est aussi efficace que la précédente, à condition de la prendre avec une grande régularité, à heure fixe chaque jour D'un jour à l'autre, l'écart maximal toléré est de trois heures

Ses avantages : on l'utilise quand la pilule œstroprogestative ne peut être prise

Ses inconvénients : sa tolérance est en général moins bonne que celle des pilules œstroprogestatives car elle peut modifier le cycle menstruel règles irrégulières, parfois absentes, avec parfois des saignements en dehors de celles-ci.

Ces symptômes sont bénins, mais souvent mal acceptés par les jeunes filles.

Le préservatif

Au tout début de leur vie sexuelle, les jeunes ont des relations très épisodiques. Le préservatif est donc un moyen bien adapté. II est également le seul à protéger contre les infections sexuellement transmissibles. Il doit donc être recommandé à tous les jeunes, seul ou en association avec la pilule.

Ses avantages : il ne demande aucune visite médicale pour l'obtenir.

Son prix est très accessible. II peut être acheté de manière anonyme en grandes surfaces ou dans un distributeur, installé à l'extérieur des pharmacies.

Ses inconvénients : les premières fois, peu d'adolescents savent comment s'en sentir de manière optimale.

L'implant progestatif

Ce moyen de contraception est arrivé en France il y a une vingtaine d’années. Il consiste à implanter, dans le tissu sous-cutané de la face interne du bras, un contraceptif de la taille d'une allumette. Il est efficace pendant trois ans.

Ses avantages : c’est un progestatif pur (etonorgestrel), il n'y a donc pas de contre-indications. Il n'y a plus besoin, chaque jour, de penser à prendre son comprimé, donc pas de risque d'oubli.

Ses inconvénients : il y a une prise de poids passagère et l'installation fréquente d'un arrêt des règles (il sera bien sûr réversible lorsque l'implant sera retiré)

« La pilule me donnait du cholestérol, explique Éléonore, 18 ans Mon médecin m'a proposé cette solution. Je n'ai rien senti, il m'a posé le contraceptif car il m’avait anesthésiée. Et je suis ravie de ne plus avoir à penser à quoi que ce soit ! »

Et quand elles fument ?

Le fait de fumer du tabac n'est pas une contre-indication à la prescription d'une pilule chez une adolescente (le risque artériel lié au tabac existe bel et bien, mais n'est démontré qu'à partir de l'âge adulte).

Les jeunes filles doivent savoir que le tabac est potentiellement dangereux, qu'il posera de toute façon problème lors des grossesses que la contre-indication avec la pilule réelle quand elles seront adultes et que l'arrêt sera d'autant plus difficile que le tabagisme sera plus installé.

Les jeunes ont besoin de conseils

Jeune femme tenant une Pilule contraceptive et Préservatif
© iStock / Itakdalee

Les adolescents ont assez peu de connaissances en matière de contraception. Il est donc important de leur donner des repères, il est conseillé à

Pour la pilule, l'adolescente doit retourner voir le médecin à la fin du premier mois pour faire un point, puis de nouveau trois mois plus tard. Ces consultations sont également l'occasion pour elle d'aborder des soucis, de demander des conseils.

Pour ne pas oublier sa pilule, on peut lui conseiller de la prendre au moment de se brosser les dents le matin ou le soir, ou de la placer à côté de son réveil si les parents sont au courant, etc.

« Un soir, au début que Je prenais la pilule se souvient Marion, 18 ans, je suis restée dormir chez une amie à l'improviste. Je n'avais pas ma plaquette et je n’y ai plus pensé. Quand, le lendemain, je me suis aperçue de mon oubli, je ne savais pas quoi faire. Depuis, je fais très attention. »

Certaines adolescentes étourdies ont tendance à oublier régulièrement leur pilule. Parmi celles de troisième génération, certaines se prennent en continu (28 jours). Ce qui peut être une solution

L'adolescence se caractérisant par des amours épisodiques ou comportant des hauts et des bas avec leur partenaire, les jeunes filles ont tendance à arrêter leur pilule dès que leur relation se détériore. En cas de retrouvailles, elles n'ont plus de protection. Une erreur à éviter…

Les adolescentes qui prennent la pilule en cachette de leurs parents ont parfois du mal respecter la régularité. Elles ont toujours peur d'être découvertes. Or, contrairement à ce que peuvent penser certains parents, les jeunes supportent mal d'agir en désaccord avec eux, il est important pour le préservatif : d'expliquer à l'adolescent, et à l'adolescente à quel moment et comment le mettre, et surtout comment le retirer : ne jamais oublier de le retenir à la base de la verge lors du retrait.

« J'en avais toujours un dans ma poche, se souvient Romain, 18 ans. Mais la première fois que j'ai dû en utiliser avec ma copine, j'étais gêné. Je ne savais pas trop à quel montent le poser ni quand l'ôter ».

Le caractère du jeune est également important, préservatif est plus difficile pour un ou une ado timide qui n'osera pas le proposer à son ami(e).

Contraception de rattrapage : elle doit rester une exception

La pilule du lendemain ne doit être prise qu'à titre vraiment exceptionnel, et non servir de contraceptif.

Elle est délivrée gratuitement aux jeunes filles mineures dans les pharmacies, par l'infirmière du 9cée ou dans les centres de planning familial.

Le comprimé (de levonorgestrel 1 mg) est à prendre idéalement dans les 24 heures suivant le rapport non protégé afin d'avoir 95 % d'efficacité, mais également jusqu'à concurrence du troisième jour mais avec une efficacité un peu moindre.

Les règles peuvent survenir à la date normale ou un peu en avance.

Si elles n'arrivent pas dans les cinq à sept jours après la date prévue, il est conseillé de taire un test de grossesse.

Quelques effets secondaires sont possibles, généralement mineurs (nausées, vomissements, fatigue, douleurs abdominales, maux de tête, vertiges, tension des seins.

Que faire si...

» J’ai oublié la pilule une fois

Si c'est une pilule Œstroprogestative et que l'on s'en aperçoit dans les douze heures qui suivent, il suffit de prendre tout de suite le comprimé oublié. On poursuit ensuite plaquette comme d'habitude.

Si l'oubli est constaté plus de douze heures après, il n'y a plus de sécurité contraceptive. Il faut prendre le comprimé oublié (même s'il faut prendre deux comprimés le même jour), continuer sa plaquette comme d'habitude et compléter par l'utilisation de préservatifs. Si l'adolescente a eu un rapport sexuel dans les trois jours précédant l'oubli, il lui est conseillé d'avoir recours à la pilule du lendemain dès la constatation de l'oubli.

S'il s'agit d'une pilule microprogestative : au-delà d'un décalage de trois heures, elle n'assure plus de protection. Il faut prendre le comprimé oublié dès que l'on s'en aperçoit, continuer normalement et compléter avec un préservatif. SI l'adolescente a eu un rapport sexuel, il lui est conseillé de prendre la pilule du lendemain.

» Le préservatif s’est déchiré ou a glissé

Il n'assure plus de protection, ni contre les infections sexuellement transmissibles ni contre une éventuelle grossesse, La pilule du lendemain est vivement recommandée. Le dépistage d'une infection sexuellement transmissible peut aussi s'avérer nécessaire.

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