Epilepsie : peut-on prévenir les crises ?

Epilepsie
Les moyens pour prévenir cette maladie neurologique se multiplient. Tour d’horizon des nouvelles solutions les plus récentes contre l’épilepsie et des espoirs qu’ils suscitent.

Une manifestation « impressionnante » !

Une personne qui est soudain prise de convulsions, chute, se mord la langue... voilà, en quelques mots, l'image que nous avons de la crise d'épilepsie. Cette manifestation marque les esprits tant elle est impressionnante. II est vrai que cette maladie neurologique du cerveau se caractérise par la récurrence spontanée de crises. Mais seule une minorité d'entre elles donne des signes aussi spectaculaires.

Pour mieux faire connaître l'épilepsie, qui touche près de 1 % de la population française, les principales associations concernées ont organisé La Journée nationale de l'épilepsie. L'occasion de faire le point sur les moyens à disposition des malades afin de mieux contrôler ces crises.

Une décharge électrique dans le cerveau

Parler de "la" crise d'épilepsie est un peu réducteur car il existe en fait plusieurs types de crises - généralisées ou partielles — selon la zone du cerveau touchée. Elles sont comparables à des décharges électriques qui affectent :

  • l'ensemble du cortex cérébral quand elles sont généralisées,
  • ou qui prennent naissance dans une ou plusieurs zones du cerveau quand elles sont partielles.

Ces dernières peuvent se traduire par des troubles moteurs (mouvements involontaires mal coordonnés), des troubles sensoriels et de la conscience...

Il arrive que des patients, ou leurs proches décrivent des symptômes quelques heures avant le début d'une crise : une nervosité voire de l'agressivité des absences, un mal de tête, etc. Mais ces signes doivent être distingués de l'aura*. Cette dernière a été longtemps désignée comme signe annonciateur d’une crise d'épilepsie, mais on sait aujourd'hui qu'elle fait complètement partie de la crise.

*L’aura correspond à une période, de quelques secondes, pendant laquelle certains patients qui souffrent de crises partielles, restent conscients. Elle se manifeste différemment en fonction de la localisation cérébrale de la crise : des bruits ou des rumeurs si elle se manifeste dans la zone de l'audition, des signes lumineux dans la zone de la vue.

Certaines personnes disent pouvoir contrôler la survenue d'une crise quand elles sentent cette aura, par exemple en serrant le poing quand l'aura s'exprime par des troubles moteurs. Mais il n'existe pas de méthodes standardisées se basant sur l'aura pour empêcher la survenue dune crise.

Les médicaments sont efficaces 7 fois sur 10

Quelle que soit l'expression de la maladie, il n'existe pas de thérapeutique de la crise d'épilepsie une fois qu'elle a démarré. Le principal traitement proposé est donc basé sur des médicaments spécifiques. Pris régulièrement ces "anti-épileptique" préviennent la survenue des crises dans 70 % des cas. Aujourd'hui, le combat consiste donc à trouver des solutions pour les 30 % de personnes dites "pharmaco-résistantes" car leurs crises ne sont pas contrôlées par les médicaments.

Epilepsie Traitements
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La solution est parfois chirurgicale

Les crises d'épilepsie insensibles aux médicaments appartiennent le plus souvent à la famille des crises partielles.

Dans certains cas, il est possible d'obtenir une guérison totale grâce à une intervention chirurgicale visant à retirer la région "lésée" du cerveau d’où naît la crise. Mais, attention, seules les personnes dont les crises répondent à des critères précis peuvent en bénéficier.

Avant de savoir si une personne peut être candidate, des examens sont nécessaires.  Pour réussir à localiser la zone épileptogène, lès patients doivent rester 10 à 15 jours à' l'hôpital. Ces explorations exigent une grande motivation des malades, une motivation mise à mal faute de moyens.

Quand l'opération est impossible, on peut parfois proposer la stimulation électrique du nerf vague (grâce à une pile implantée sous la peau du cou). Ou encore une stimulation à l'aide d un aimant quand le patient, ou son entourage, sent venir la crise. Les résultats sont encourageants :  50 % des malades font deux fois moins de crises.

Mais le développement de cette technique se heurte à des difficultés de financement car le stimulateur coûte 10 000 euros !

Si vous assistez à une crise d’épilepsie

  • Essayez d'éviter que la personne se blesse en tombant et laissez la crise suivre son cours.
  • Une personne qui fait une crise n'avale jamais sa langue, mais peut la mordre. Ne mettez jamais rien dans sa bouche.
  • Après la crise, allongez la personne sur le côté, rassurez-la quand elle reprend connaissance. Contactez un médecin ou le Samu si la personne s’est blessée, si elle présente des difficultés respiratoires ou s’il s'agit de son premier malaise.

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