Pourquoi faire attention à son poids pour avoir un enfant ?

Controler Son Poids Pour Avoir Un Enfant
Nous pensions qu’il existait un lien entre nutrition et fertilité. Aujourd’hui nous en avons la preuve scientifique. Explications.

Bien manger pour avoir un enfant, c’est prouvé !

Elle a été apportée par des chercheurs de Montpellier, en montrant que bien manger (sans tomber dans l'excès) est important pour avoir des enfants, et que des anomalies du cycle ou une puberté tardive ont un rapport incontestable avec la nutrition. Il y a vingt ans, des scientifiques s'étaient penchés sur le cas des femmes Bushman vivant dans les déserts d'Afrique australe.

Ces femmes procréaient plus facilement quand la quantité de nourriture dont elles disposaient était suffisante et qu'elles diminuaient aussi leurs activités physiques. Durant l'hiver austral, une prise de quelques kilos suffisait souvent à rétablir l'ovulation ! Par ailleurs, de nombreuses études biologiques ont montré l'effet considérable que peuvent avoir les restrictions alimentaires et la perte de poids sur la sécrétion des gonadotrophines, des hormones produites par le cerveau et qui, chez la femme, favorisent notamment la gestation.

Preuves biologiques

Bien entendu, un poids très léger n'entraîne pas forcément une irrégularité menstruelle. Nombre de femmes ayant une maigreur constitutionnelle ont des cycles ovulatoires normaux.

Mais le retard pubertaire, les anomalies du cycle et la difficulté à avoir des enfants sont plus souvent constatés chez les femmes ayant une masse grasse faible et qui ont perdu beau- coup de poids.

Comme le confirme le professeur Jacques Bringer du service des maladies endocriniennes au CHU de Montpellier « Dans les anomalies du cycle et de la fertilité, sont souvent associés l'insuffisance du poids et de la masse grasse, la réduction des apports caloriques, les troubles du comportement alimentaire, l'hyperactivité et le vécu contraignant de l'environnement. »

Gare aux troubles alimentaires avant la grossesse

Un culte de la minceur, entretenu par l'image médiatique des top models, s'est installé en Occident. Pour ressembler à cette image, des femmes ont parfois des comportements alimentaires excessifs. « On en rencontre de plus en plus qui ont une anomalie majeure du poids à la suite de conduites alimentaires anormales, notamment après avoir trop réduit les matières grasses », constate le Pr Bringer. D'autres formes d'attitudes alimentaires, moins caricaturales, sont néanmoins tout autant dommageables pour la fertilité. Il s'agit d'alternances d'attitudes de restriction et d'impulsions boulimiques. On se prive quelques jours avant de se jeter sur le premier gâteau venu ! On constate aussi, au cours de régimes minceur stricts, des perturbations du cycle chez nombre de jeunes femmes de poids normal même si leur poids ne descend pas au-dessous du poids idéal.

Surveiller Son Poids Avant La Grossesse
© istock

Pas assez de matières grasses

Est-ce le manque d'un aliment particulier ou d'un groupe d'aliments qui perturbe le cycle ? Ce serait plutôt l'insuffisance globale de l'apport calorique, notamment à cause de la réduction des matières grasses.

Une diète de 4 jours chez des femmes de poids normal affecte la sécrétion de LH (hormone produite par l'hypophyse qui, en particulier, déclenche l'ovulation) ! Chez une brebis sou- mise à un régime pauvre en calories, un seul bon repas peut restaurer la sécrétion des gonadotrophines (hormones indispensables au déroulement du cycle de la gestation).

Pour éviter les troubles de l'ovulation et de la fertilité, il faut une bonne adéquation entre l'énergie, dont vous disposez sous forme d'aliments mais aussi de masse grasse corporelle, et les besoins liés à votre activité physique.

Les aliments influencent-ils l'ovulation ?

On ne connaît pas les mécanismes grâce auxquels te déficit de la "balance énergétique" peut perturber les sécrétions hormonales qui président au déroulement du cycle et de l'ovulation. Cependant, des études montrent le rôle important d'une hormone : la leptine.

Elle pourrait intervenir sur les ovaires et au niveau cérébral pour maintenir la fertilité. Une prise de poids s'accompagne d’une élévation du taux de leptine dans le sang.

Inversement, chez une femme atteinte d'anorexie mentale, la leptine s'effondre avec la perte de poids et de masse grasse. Elle pourrait donc être un des liens majeurs entre t'état nutritionnel de la femme et la régulation de son cycle.

Et quand on a des kilos en trop ?

Un excès de poids serait-il favorable à la fertilité féminine ? Non. On a constaté l'apparition d'irrégularités menstruelles quand le tissu adipeux (tissu gras) est trop important, notamment au niveau de l'abdomen. De plus, une perte de poids chez des femmes obèses améliore très souvent la fonction ovulatoire.

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