Que valent les jeux d’entraînement cérébral ?

Sudoku
Sudoku, mots croisés, exercices sur console… Ces jeux rencontrent un grand succès. Mais, au-delà du plaisir qu’ils nous procurent, ils stimulent nos neurones, mais en partie seulement…

Véritable boost ou simple divertissement ?

Passé la quarantaine, beaucoup de personnes craignent de décliner sur le plan cérébral. D'où la tentation de se jeter sur les jeux qui proposent de "booster vos neurones", voire de "rajeunir votre cerveau". Mais est-ce vraiment efficace ? Beaucoup de scientifiques en doutent, preuves à l'appui.

« Il ne fait aucun doute qu'il faut stimuler son cerveau, dit Paul Meuret, professeur de psychologie cognitive. Mais, pour obtenir un résultat, il faut travailler pendant une longue durée. Et dans ce domaine, rien ne remplace l'école ou un métier. Le sudoku ou les mots croisés sont des jeux et uniquement des jeux. »

Pour lui, la plupart de ces divertissements entraînent essentiellement la "mémoire vive" (à court terme) de notre cerveau, mais pas le "disque dur" (la mémoire à long terme), c'est-à-dire le socle de connaissances multiples et variées, sur lequel notre cerveau s'appuie pour bien fonctionner.

En outre, notre mémoire est structurée en modules. Il y a la mémoire sensorielle, la mémoire des mots, des graphismes, des visages, de l'orientation spatiale... « Si on s'entraîne sur des figures géométriques, explique Paul Meuret, on entraîne des centaines de neurones à l'intérieur d'un module spécifique de notre mémoire, mais pas les autres. »

Un entraînement incomplet

Ces jeux ne font donc travailler qu'une infime partie de notre cerveau. Ces jeux peuvent faire du bien au cerveau, mais ils n'augmentent la plasticité cérébrale que dans les zones qui supportent une compétence précise. Cela ne suffit pas à garder une tête en bon état de fonctionnement dans la vie quotidienne.

En effet, ce type de performance est difficilement transférable dans la « vraie » vie. Ce n'est pas parce que les joueurs d'échecs développent leurs facultés de concentration qu'ils retrouveront forcément plus facilement leurs lunettes !

En réalité, le cerveau a besoin de se confronter à des problèmes sans cesse nouveaux pour fonctionner à plein régime. La réalisation d’une recette de cuisine ou d’un ouvrage de broderie nécessite de planifier, compter, prévoir, surveiller...

Les processus cognitifs se nichent partout, dans les exercices d'entraînement cérébral, mais aussi dans des tâches 'ménagères'. Pour être efficient, le cerveau doit, surtout, alterner différentes tâches en permanence.

Conclusion, variez les jeux et les difficultés, puis passez à d'autres activités tout aussi stimulantes comme lire, visiter une expo, en discuter...

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