Lait et prévention de l’ostéoporose : que faut-il en penser ?

Lait Danger Osteoporose
Depuis quelques années, le lait est au centre de toutes les polémiques. Encensé hier dans la prévention de l’ostéoporose, il est aujourd’hui décrié par certains. Décryptage des arguments.

Cela semblait une donnée acquise : les produits laitiers aident à la prévention de l'ostéoporose, maladie des os fragiles. Mais depuis quelques années, des voix s'élèvent pour dénoncer cette recommandation. Ce pavé dans la mare remet en cause les bienfaits nutritionnels des produits laitiers. Pire, leurs détracteurs les accusent, quand ils sont consommés en excès, d'être à l'origine de l'épidémie d'ostéoporose, et de favoriser des maladies cardiovasculaires et certains cancers.

Preuve scientifique ou pas ?

Chef de file des opposants à la consommation excessive de lait : Thierry Souccar, journaliste et écrivain scientifique, met à mal les produits laitiers dans son livre Lait, mensonges et propagande. Selon lui, la plupart des experts français en nutrition travaillent, de près ou de loin, pour l'industrie laitière, ce qui explique que les données officielles restent "mensongères". S'appuyant sur de nombreuses études américaines, il cite dans son ouvrage des publications produites par le Dr Roland Weinsier affirmant que « même en ne retenant que les études qui trouvent que les laitages améliorent la santé des os, on a du mal à voir l'intérêt pour la population puisque le bénéfice sur la densité osseuse est extrêmement faible ».

Il n'existerait donc aucune preuve indiquant que le lait est bénéfique ? Faux, dénoncent ses défenseurs ! Il existe de nombreuses études montrant, notamment, qu'une minéralisation de 4 à 5 % de la hanche diminuerait de 50 % le risque de fracture plus tard. Impossible donc de se passer du calcium.

Examen Osteoporose Lait
L'ostéodensitométrie est un examen très utilisé pour détecter l'ostéoporose. Il permet de mesurer la densité minérale osseuse.  © istock

Ce que reprochent les partisans du lait à leurs opposants, c'est de choisir des études orientées, provenant toujours de la même source, sans faire apparaître les études contradictoires. Certains s'inquiètent même des auteurs de ces études qui appartiennent, selon eux, à des associations végétaliennes ou de défense des animaux.

Le lait, responsable de l'épidémie d'ostéoporose ?

Le paradoxe du calcium, mis en lumière par l'OMS (Organisation mondiale de la santé), a compliqué le débat. En effet, le taux de fractures de la hanche est plus élevé dans les pays grands consommateurs de lait, comme en Suède, alors que dans les pays où les apports sont plus faibles, comme au Japon, le taux de fractures est bas. Mais les explications sur les causes de ce constat ne sont pas les mêmes selon le camp, et les causes de ce phénomène sont encore loin d'être expliquées.

Et, selon Thierry Souccar : "Cet afflux de calcium laitier épuise en quelques décennies la capacité de l'os à se renouveler. Voilà comment une vie de laitages peut conduire à l'ostéoporose." En ce qui concerne les défenseurs du lait, les raisons sont ailleurs : la grande consommation de protéines animales dans les pays industrialisés, la carence en exposition solaire et en légumes, semblent être des pistes plus vraisemblables.

Produit Laitier Osteoporose
© istock

Quel calcium et en quelle quantité ?

Autre point de désaccord : la source du calcium. Les opposants au lait prônent la consommation de calcium végétal. Le Pr Mica indique « qu'il peut être absorbé par le tube digestif jusqu'à 74 % contrairement au calcium animal absorbé au maximum à 35 % ». Il serait plus biodis- ponible quand les fruits et légumes sont frais et arrosés d'huile d'olive, car l'acide oléique de l'huile d'olive favorise la fixation du calcium sur l'os, et les vitamines, fibres des fruits et légumes frais sont indispensables pour l'absorption par le tube digestif.

Ce que contestent formellement les partisans du lait, qui assurent que le calcium végétal est moins biodisponible. De plus, selon eux, les aliments végétaux riches en calcium sont peu courants dans notre alimentation et il faudrait en manger d'énormes quantités. Les produits laitiers demeurent, pour eux, la manière la plus pratique de couvrir les besoins en calcium.

Le point, sur lequel ils semblent se rejoindre, porte sur les quantités de produits laitiers à ingérer. Léon Guéguen, rapporteur à l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) et grand expert en calcium, reconnaît que les apports nutritionnels conseillés ont été surévalués avec une marge de sécurité, ce qui est excessif pour la plupart des individus. Et, d'après lui : « Il suffit de consommer 800 mg pour garder de grandes chances de couvrir ses besoins. »

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