Ménopause : zoom sur les hormones naturelles

Medecin Montre A Une Femme Shema Hormone Naturelle
Prudentes, certaines femmes se tournent vers les hormones naturelles ou phytohormones. Ce qu’elles doivent savoir. Qu’en attendre ? Les réponses du Dr Florence Fichot, gynécologue-obstétricienne.

Où trouve-t-on les hormones naturelles ?

Les phyto-estrogènes : dans le soja, mais aussi le houblon, la sauge, le lin, le trèfle rouge, l'actée en grappe, le kudzu ou la luzerne.

Les phytoprogestagènes : principalement dans le gattilier et l'alchémille. Le yam ou l'igname, en revanche, n'en contiennent pas.

Peut-on les prendre sous forme de compléments alimentaires ? Oui, mais avec l'avis d'un médecin. II ne faut pas faire n'importe quoi, et seul un praticien averti saura vous conseiller. Il vous dira notamment qu'il faut associer phyto-estrogènes et phyto-progestagènes.

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Les hormones naturelles peuvent-elles remplacer le traitement hormonal de la ménopause ?

Oui, le traitement phytothérapique qui associe des phyto-estrogènes et des phytoprogestagènes, se veut une véritable alternative au traitement hormonal classique. Par ailleurs, associer les phytohormones à un traitement classique permet d'en diminuer les doses ou les temps de prise, et de faire un sevrage progressif en trois, six ou neuf mois.

Sont-elles efficaces ?

Leurs détracteurs expliquent que le THM est le seul traitement qui a prouvé son efficacité contre placebo...

Ces mêmes détracteurs déconseillent avec force les phytohormones parce qu'elles seraient dangereuses ! Pourquoi, si elles sont inefficaces ? En réalité, ce traitement est efficace chez une grande majorité de femmes contre les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, la sécheresse vaginale. Contre l'ostéoporose, leur intérêt est limité.

Ont-elles des effets secondaires des hormones naturelles ?

Oui. Ce sont de véritables "phyto-médicaments" avec des indications, des contre- indications et de possibles effets secondaires. Des doses non maîtrisées d'isoflavones de soja (phyto-estrogènes) associées à un excès de soja alimentaire exposent à un apport trop important de molécules actives. Les recommandations de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments ont fait le point sur le sujet (pas plus d'1 mg/kg/jour).

Il faut également être prudente quand on souffre d'un dysfonctionnement thyroïdien, car les isoflavones de soja perturbent le métabolisme de nos propres hormones thyroïdiennes, mais aussi de la lévothyroxine, médicament qui sert à traiter tant l'hyper que l'hypothyroïdie.

À quelles contre-indications faites-vous allusion ?

Les phyto-estrogènes et les aliments à base de soja sont, comme le traitement hormonal de la ménopause, déconseillés aux femmes ayant eu un cancer du sein.

En cas d'accident thromboembolique récent, je préfère aussi par précaution ne pas en donner.

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