Poitrine : douleurs et anomalies… quand nos seins nous inquiètent !

Femme souffrant de la douleur de sein
À la moindre anomalie, toute femme redoute le pire. Cependant, avant la cinquantaine la plupart des maux des seins sont bénins. Explications des différents symptômes qui peuvent vous inquiéter.

Comme tout l'appareil génital, les seins sont sous la dépendance des ovaires qui sécrètent les hormones féminines. C'est pourquoi douleurs et boules dans les seins sont très souvent dues à un déséquilibre entre les principales hormones sexuelles :

  • L'œstradiol fait croître la glande mammaire et participe au développement des canaux fabriquant le lait. Quand il est en déséquilibre, on peut avoir les seins gonflés en fin de cycle.
  • La progestérone agit en collaboration avec lui. Elle s'oppose à son action sur la multiplication des cellules ou la tempère. Elle protège donc de certaines maladies des seins.
  • La prolactine, hormone de la lactation, est sécrétée en permanence mais sa production augmente lors de la grossesse et l'allaitement. Si son taux est trop élevé, elle peut être responsable d'un gonflement.

Ainsi, quand l'une ou l'autre de ces hormones sont en déséquilibre, surtout l'œstradiol et la progestérone, les seins "accusent le coup". Dans un premier temps, ils font mal. Dans un second, ils peuvent être porteurs de certaines pathologies.

Pas d'inquiétude : avant la cinquantaine, elles sont rarement synonymes de cancer et votre gynécologue saura rééquilibrer ce climat hormonal.

Quand consulter ?

Dès que la douleur dure plus de 5 jours par mois, qu'elle soit récente ou apparaisse quand on prend la pilule ou un traitement hormonal substitutif.

Dès que l'on sent une boule. En cas d'écoulement, surtout si c'est du sang. En cas de région indurée, souvent dans la partie supérieure du sein : c'est là que siègent la plupart des maladies bénignes. En cas d'abcès. Si c'est chaud, rouge et que ça fait mal, il faut consulter en urgence car les traitements sont actifs si l'abcès est pris à temps. Dans les autres cas, on dispose de 15 jours ou un mois pour agir.

J'ai mal

Femme ayant une douleur sur le sein gauche
© iStock

Ces douleurs constituent le motif le plus fréquent de consultation, surtout entre 15 et 20 ans, à partir de la quarantaine et si l'on prend la pilule (voir encadré).

La plupart du temps, la douleur est tolérable mais certaines femmes ont si mal qu'elles ne peuvent plus dormir sur le ventre et ne supportent plus leur soutien-gorge ou les caresses. Surtout en fin de journée car les douleurs sont alors à leur apogée (peut-être en relation avec la statique) et à l'approche des règles dont l'arrivée est vécue comme un soulagement. Parfois aussi les seins augmentent tellement de volume que l'on est obligée de prendre deux tailles de soutien- gorge au-dessus.

Pourquoi consulter ? Pour obtenir un soulagement et car ces douleurs sont sûrement le signe d'un déséquilibre hormonal.

Le diagnostic

Il passe par un interrogatoire portant Sur le moment de la survenue des douleurs, le fait qu'elles concernent un sein ou les deux, la façon dont elles sont soulagées ou non par les règles. Dans le même temps, le gynécologue pratique un examen minutieux à la recherche d'un gonflement, d'une augmentation du réseau veineux, de l'émission d'une chaleur particulière, de la présence d'une mastose (région indurée).

Bon à savoir : une douleur n'est jamais le signe d'un cancer. Ainsi, l'examen n'est suivi d'une mammographie que chez les plus de 40 ans

Notre réponse

Le traitement dépend de l'importance des douleurs et de l'âge. Une douleur modérée chez une femme de moins de 35 ans peut, en général, être calmée par l'application de progestérone sur les seins. Cette molécule contrebalance l'action des œstrogènes responsables de l'œdème. À appliquer tous les jours du cycle, y compris pendant les règles.

Si ça ne suffit pas, on peut y associer un progestatif de synthèse à prendre 10 jours par mois pour pallier le manque de progestérone. Et si les douleurs demeurent, il reste à prendre une pilule fortement dosée en progestatif (même si l'on porte un stérilet) pour bloquer la production d'œstradiol responsable de ces douleurs.

Même si, parfois, les tâtonnements sont inévitables, la douleur disparait dans tous les cas.

Seule exception : les douleurs provoquées par un mal de dos ou un excès de poids et que le gynécologue aura repérées car elles ne sont pas soulagées par les règles... Dans ce cas, si l'on traite son dos ou si l'on maigrit, les douleurs partent.

Bon à savoir : un nouveau traitement "anti-œstrogènes" sous forme de gel appliquer

Sur les seins est en couts d'expérimentation. Du fait de son action directe sur l'œstradiol, il serait, peut-être, plus fortement efficace que la progestérone.

Un liquide s'écoule

II peut s'écouler par un pore du mamelon ou par plusieurs pores des deux mamelons.

Premier cas : les écoulements par plusieurs pores sont les plus fréquents. Ils se rencontrent surtout chez les femmes qui ont eu des enfants, qu'elles aient allaité ou pas.

Mais ces écoulements peuvent aussi être le signe d'un dérèglement de l'hypophyse qui sécrète trop de prolactine. Enfin, certains médicaments (antidépresseurs, somnifères, certains antinauséeux) entrainent, parfois, des écoulements.

Le diagnostic

Il passe par l'interrogatoire pour chercher, par exemple, une prise de médicament. Ensuite, si l'écoulement ressemble à du lait, le gynécologue prescrit un dosage de prolactine associé à un scanner ou à une I.R.M. destinés à explorer l'hypophyse. Ce déploiement de moyens ne doit pas inquiéter c'est la seule façon d'explorer cette petite glande.

Notre réponse

Le traitement dépend de la cause. Si un médicament est responsable, il faut le remplacer par un autre d'une classe thérapeutique différente Si c’est un excès de prolactine, certains médecins prescrivent de la bromocriptine pour bloquer la sécrétion de la prolactine. Si les écoulements ont lieu sur un seul sein, on envisage une intervention chirurgicale pour corriger une éventuelle dilatation des canaux galactophores.

Deuxième cas : les écoulements par un seul pore se rencontrent parfois chez les adolescentes, mais plus souvent chez des femmes de la trentaine, parfois, c'est sérieux l'écoulement peut être le signe d'une tumeur maligne localisée à l'intérieur d'un canal galactophore.

Le diagnostic

Il impose un frottis de l'écoulement et son analyse en laboratoire d'anatomopathologie.

Parallèlement, il faut pratiquer deux autres examens : une mammographie et une galactographie La galactographie est une radiographie du canal galactophore pour chercher une tumeur éventuelle.

Il faut savoir que, dans 5 % des cas, On détecte une tumeur maligne mais, souvent. l'écoulement est dû à la dilatation du

Notre réponse

Le traitement est variable mais toujours chirurgical. Si l'on retrouve une tumeur, il faut l'enlever même si elle est bénigne. Et si le canal galactophore est dilaté, il faut pratiquer l'ablation de tout le tissu environnant.

Bon à savoir : ce geste est sans conséquence

Je sens une boule

Il en existe deux sortes : les fibro-adénomes qui se manifestent avant 25 ans, et les kystes (voir plus loin) qui apparaissent plus souvent après la trentaine.

Les fibroadénomes sont des masses fermes formées d'un mélange de tous les tissus que comportent les seins. Si on les palpe, ils glissent sous la peau et, parfois, ils augmentent un peu de volume avant les règles pour diminuer après.

Le plus souvent, il en existe plusieurs et ils vont de la taille d'un petit pois à celle d'une grosse cerise mais certains peuvent atteindre la taille d'une orange. Même petits, on les découvre en s'auto-palpant les seins et l'on consulte parce que, parfois, ils sont un peu sensibles.

Bon à savoir : ils n'évoluent jamais vers le Cancer.

Le diagnostic

II dépend de l'âge. Avant la trentaine, il associe interrogatoire, examen clinique et, éventuellement, une échographie voire en cas d'inquiétude une ponction du contenu.

Après 30 ans, le gynécologue prescrit, en plus de cet examen, une mammographie.

Notre réponse

Le traitement varie selon les équipes médicales Les gynécologues médicaux sont favorables aux traitements médicamenteux tandis que les chirurgiens gynécologues ont tendance à opérer.

Dans tous les cas, on peut commencer par des médicaments des progestatifs de synthèse assez fortement dosés à prendre 17 à 20 jours par mois.

Ils agissent en stoppant l'action de l'œstradiol sur la glande mammaire et sont aussi contraceptifs. Dans la majorité des cas, la boule diminue de taille, plus ou moins selon les tissus qui la composent, Si l'or intervient tôt, la diminution peut être considérable.

Si l'on n'a pas envie de prendre des médicaments, il reste la solution de la chirurgie. L'intervention se pratique, le plus souvent, sous anesthésie générale. Selon la localisation, elle consiste à enlever la boule en passant par le pourtour de l'aréole ou par la face externe du sein. Inconvénient : comme la cause n'a pas été traitée, le fibroadénome peut récidiver,

On en revient alors au traitement hormonal.

Dans l'avenir, ce gel antiœstrogène en cours d'évaluation serait peut-être capable de traiter aussi les fibro-adénomes grâce à son action sur la glande mammaire.

Si j'ai un kyste...

Les kystes forment une boule un peu tendue qui rebondit au toucher car il s'agit de cavités remplies de liquide. Ils sont la conséquence d'une dilatation d'un segment d'un canal galactophore comprimé par les tissus environnants, par une fibrose due un déséquilibre hormonal qui se crée tous les mois. Et c'est douloureux.

Un kyste peut être unique mais, la plupart du temps, on en sent un gros associé des petits. II peut aussi être isolé ou associé à un placard de mastose (induration) douloureuse avant les règles. Les kystes sont très fréquents en préménopause, période de déséquilibre hormonal.

Attention : la présence d'un kyste peut augmenter le risque de cancer du sein.

Le diagnostic

Il se fait la palpation et le gynécologue prescrit une mammographie voire une échographie destinées à dénombrer les kystes et à bien les identifier. Dans le même temps, le plus souvent, il ponctionne les plus gros kystes pour soulager la patiente et envoie le liquide en anatomopathologie.

Bon à savoir : si le liquide apparait brun, cela n'est pas un signe de gravité.

Notre réponse

La ponction du kyste ne suffit pas. Ensuite, il faut traiter la maladie de fond à l'aide de progestatifs ayant un effet contraceptif à prendre 18 à 20 jours par mois pour mettre l'appareil génital au repos, ce qui fait disparaitre les symptômes. Et si l'on veut faire un bébé, on peut l'interrompre mais pas trop longtemps.

Il existe plusieurs familles de progestatifs. Ceux dits norstéroïdes donnent de bons résultats dans 85% des cas en un mois mais au prix, parfois, d'effets indésirables : prise de poids, acné… Ils sont contre-indiqués en cas de diabète, d’hypertension. Il reste la solution de produits moins dosés dont l'action est plus lente.

Enfin, si un kyste est réfractaire au traitement médical et récidive dans le même territoire. il faut l'enlever, car il peut favoriser l'apparition d'un cancer.

Ou un abcès

Tout commence par des rougeurs, des tensions et des douleurs importantes, signes d'inflammation ou lymphangite.

Le plus souvent, le ou les abcès sont situés autour de l'aréole, près du mamelon. Ils sont fréquents après l'accouchement, quand on allaite car les canaux galactophores sont ouverts et certains germes de la peau peuvent s'y faufiler. Les fumeuses font plus souvent des abcès, sans que l'on sache pourquoi.

Le diagnostic

Il est souvent évident mais, passée la quarantaine un abcès peut signer une tumeur maline. En cas de doute, une échographie et une mammographie sont prescrites.

Notre réponse

Le traitement dépend du stade auquel la patiente consulte. Un abcès pris à temps guérit, le plus souvent, avec des antibiotiques et des anti-inflammatoires pendant une quinzaine de jours. Ceci évite la constitution de l'abcès et entraine, le plus souvent, la guérison définitive. Au bout de 4 jours, On n'a déjà plus mal. Si les médicaments sont inefficaces ou si l'abcès est formé, il faut l'inciser pour extraire le contenu. Là aussi, la guérison est, la plupart du temps, définitive.

Cependant, des maladies inflammatoires rares où des abcès dont On ignore la cause récidivent après qu'on les ait enlevés chirurgicalement. Certaines sont opérées 4 ou 5 fois et, en cas de récidives, on risque d'être confronté à l'ablation d'un sein.

Des examens classiques

LA MAMMOGRAPHIE permet de voir la structure des seins. Elle est surtout fiable à partir de 50 ans car avant les seins sont si denses qu'ils sont difficiles à déchiffrer. Elle éclaire sur les causes de douleur et permet de dire si une calcification ou une boule est bénigne ou maligne.

La mammographie est surtout demandée à partir de la cinquantaine.

L'ÉCHOGRAPHIE permet de dire si une boule est solide ou liquide. En montrant les kystes précisément, elle est irremplaçable chez les femmes jeunes, y compris dans le cas de boule cachée par une plaque de mastose.

LA PONCTION permet de préciser le contenu d'une boule. Elle peut se faire au cabinet médical ou sous échographie.

Au cabinet, si le contenu est liquide, on l'évacue en l'aspirant. II est en- suite envoyé à un anatomopathologiste. S'il est solide, on prélève des cellules pour les analyser.

Dans les deux cas, l'intervention n'est pas plus douloureuse qu'une piqûre intramusculaire.

Quant à la ponction "écho guidée", elle précise la nature d'une boule repérée à l'échographie.

LA GALACTOGRAPHIE est prescrite quand du liquide s'échappe d'un seul pore. On injecte un produit de contraste pour opacifier le canal galactophore, pour vérifier la présence éventuelle d'une tumeur bénigne ou maligne.

L'examen peut être un peu désagréable, mais la douleur fugace.

Douleur sous pilule : prudence !

Quand on prend la pilule, il n'est pas normal d'avoir mal aux seins pendant plus de trois, quatre jours avant les règles, Il faut donc revoir son gynécologue car si la pilule choisie ne convient pas, elle à la longue, entraîner un déséquilibre hormonal pouvant favoriser une maladie bénigne, voire maligne des seins. Pour éviter ce risque, faut changer de pilule ou associer un traitement local à base de progestérone destiné à contrebalancer l'effet des œstrogènes, ce qui aura pour effet de faire disparaitre la douleur.

À lire aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. - * Champs obligatoires

Ce site utilise des cookies afin de vous offrir la meilleure expérience utilisateur possible, de mesurer l'audience et de vous proposer des publicités en lien avec vos centres d'intérêt. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation des cookies conformément à notre politique de confidentialité.