La rougeole chez le bébé

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Maladie infantile, maladie bénigne… Lorsqu’il s’agit de la rougeole, plusieurs idées reçues ont la vie dure ! Qu’en est-il vraiment de cette maladie virale contagieuse ? À quelles complications bébé est-il exposé ? Comment le protéger ? On fait le point !

La rougeole chez bébé : qu'est-ce que c'est ?

La rougeole est fièvre éruptive virale très contagieuse. On parle de fièvre "éruptive", car elle provoque une éruption cutanée, qui se manifeste tout d'abord sous la forme de petites taches blanchâtres, à l'intérieur des joues : le symptôme (ou les tâches) de Koplik. Cette éruption est suivie par des plaques rouges qui apparaissent sur le visage et sur le cou, avant d'envahir entièrement  le corps.

La rougeole a la particularité de compter parmi les maladies dites immunisantes : en d'autres termes, une fois qu'on l'a eue, on ne l'aura plus. La rougeole se transmet par la salive et par voie aérienne, et il faut environ dix jours après le contact avec le virus pour que la maladie se déclare.

Un bébé atteint par la rougeole est malade pendant une semaine environ. La maladie s'accompagne d'une forte fièvre (39 à 41°C). Et il faut ensuite compter encore une bonne dizaine de jours pour qu'il récupère complètement.

Quels sont les symptômes de la rougeole chez bébé ?

Les premiers symptômes de la rougeole sont assez similaires à ceux d'un rhume :

  • Toux ;
  • Nez qui coule ;
  • Yeux rouges, gonflés et larmoyants.

Ces symptômes s'accompagnent d'une fièvre qui est assez élevée. Dans certains cas, bébé peut également souffrir d'une perte de l'appétit et de diarrhées. Il faudra compter 4 à 5 jours après le début de la maladie pour que les éruptions cutanées apparaissent.

En cas de doute, si bébé présente ces symptômes, il est recommandé de l'emmener consulter. Le médecin pourra rapidement diagnostiquer une rougeole, en se fiant notamment aux taches blanches qui tapissent l'intérieur des joues de bébé.

Le bon geste

La période de contagion de la rougeole commence 3 à 5 jours avant la première éruption cutanée, et elle dure encore 4 jours après l'apparition des plaques. Si vous pensez que bébé peut avoir la rougeole, prévenez donc son pédiatre, l'hôpital ou la clinique, avant la consultation. La maladie étant extrêmement contagieuse, il est indispensable de prendre des mesures particulières. Ainsi, chaque cas de rougeole doit être signalé par le médecin aux autorités sanitaires. Et si bébé est à la crèche, une période de quarantaine est à prévoir.

Quelles sont les causes de la rougeole ?

La rougeole est due à un paramyxovirus : le morbillivirus. Il a la particularité de se transmettre par la salive et par voie aérienne, et de se multiplier au de la gorge et des yeux. En France, les épidémies se déclarent généralement entre le début de l'hiver et la fin du printemps. Les nourrissons de 6 mois sont généralement protégés, car ils peuvent bénéficier des anticorps de leur mère si elle a déjà eu la rougeole elle-même ou si elle a été vaccinée.

Existe-t-il d'éventuelles complications ?

La rougeole est souvent considérée – à tort – comme une maladie bénigne. Or, la maladie fait encore des victimes : 800 000 nourrissons et jeunes enfants chaque année selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, la France n'est pas épargnée. Le nombre de cas recensés se révèle même en augmentation. C'est la raison pour laquelle le vaccin est désormais obligatoire.

Le principal danger de la rougeole, ce sont les complications, qui surviennent dans environ 30% des cas. Les complications les plus banales sont :

  • L'otite aiguë (très courante chez le nourrisson) ;
  • La diarrhée ;
  • La laryngite.

Mais certaines complications sont plus sévères. Touchant principalement les bronches et les poumons, elles peuvent donner lieu à une hospitalisation :

  • Pneumopathies ;
  • Bronchites ;
  • Rougeole pulmonaire maligne ;
  • Broncho-pneumopathie bactérienne ;
  • Staphylococcies pulmonaires.

Parmi les complications les plus graves : la méningo-encéphalite de rougeole et la S.S.P.E. (Panencéphalite sub-aiguë sclérosante de Van Bogart).

La méningo-encéphalite de rougeole se manifeste généralement par des troubles neurologiques entre le 3ème et le 7ème jour de l'éruption. Parmi les troubles les plus courants : les convulsions, les tremblements ou encore la paralysie faciale. Dans 60% des cas, elle se guérit sans laisser de séquelle. Dans les cas les plus sévères, elle peut être mortelle ou laisser des séquelles neuropsychiques.

La S.S.P.E. est une complication dont les causes demeurent encore mal connues. Elle se révèle mortelle, car à ce jour, il n'existe pas de traitement. Elle se manifeste plusieurs années après la rougeole (7 ans plus tard en moyenne), par ses symptômes variés : chutes, convulsions, troubles du langage, troubles moteurs... Fort heureusement, les cas sont rares : 1/ 1 000 000.

Quels traitements contre la rougeole chez bébé ?

Traitement curatif

En cas de rougeole, le médecin prescrit un traitement destiné à faire baisser la fièvre et à soulager la toux et les maux de gorge. Les surinfections bactériennes étant fréquentes, il peut également avoir recours à un traitement antibiotique. En cas de complications où si bébé présente un facteur de risque particulier (par exemple une insuffisante respiratoire), la rougeole peut donner lieu à une hospitalisation.

À la maison, il conviendra de prendre les précautions habituelles en cas de fièvre : éviter de trop couvrir bébé et de trop chauffer sa chambre, veiller à ce qu'il soit bien hydraté. La rougeole provoque fréquemment une photophobie (une sensation douloureuse face à la lumière). Il est donc judicieux de tamiser la lumière de la chambre de bébé.

Pour prévenir les complications, il est recommandé de faire preuve de vigilance, afin de relever les symptômes tels que :

  • La diarrhée ;
  • Une somnolence excessive ;
  • Des vomissements ;
  • Des difficultés respiratoires.

Dans ce cas, il est recommandé de consulter rapidement.

Traitement préventif

Le meilleur moyen de prévenir la rougeole demeure la vaccination ROR (Rougeole – Oreillons – Rubéole). Avant que bébé ne soit vacciné, de bonnes habitudes peuvent contribuer à le protéger efficacement :

  • Lavez-vous les mains régulièrement ;
  • Aérez la chambre de bébé tous les jours pendant 15 à 20 minutes ;
  • Utilisez de préférence des mouchoirs jetables.

Il y a un cas de rougeole à la maison ou dans votre entourage proche ? Adoptez les bons gestes :

  • Veillez à ce que le malade se couvre la bouche lorsqu'il tousse ou lorsqu'il éternue ;
  • Nettoyez les objets utilisés par le malade ;
  • Rangez la brosse à dents du malade à l'écart.

Quand faut-il vacciner son enfant ?

Depuis le 1er janvier 2018, le ROR compte parmi les 11 vaccinations obligatoires. La vaccination se fait en 2 étapes :

  • Une 1ère injection à 12 mois ;
  • Une 2ème injection entre 16 et 18 mois.

Les deux injections sont obligatoires. Il ne s'agit pas à proprement parler d'un rappel, mais plutôt d'une injection complémentaire, car dans 5% des cas, une seule injection ne suffira pas à protéger bébé.

Rougeole et grossesse : que faire ?

La rougeole reste encore trop souvent estampillée : "maladie infantile". En réalité, elle peut toucher tout le monde et à n'importe quel âge. Si elle n'a pas eu la rougeole – et si elle n'est pas vaccinée – une femme enceinte est donc susceptible d'avoir la rougeole, car son organisme sera plus fragile. L'idéal, c'est bien sûr la prévention : on recommande donc au femmes souhaitant avoir un enfant de veiller à se faire vacciner. Cela doit être fait 30 jours au moins avant un début de grossesse.

Lorsqu'une future maman attrape la rougeole, son bébé ne risque pas de malformations ou de séquelles, mis à part si la maladie se déclare en fin de grossesse : il y a alors un risque de rougeole congénitale pour bébé, qui peut conserver des séquelles neurologiques sévères. La rougeole expose une femme enceinte à des complications pulmonaires. Elle peut aussi provoquer un accouchement prématuré ou une fausse couche.

Une future maman non vaccinée et non immunisée doit donc faire preuve de la plus extrême vigilance. En cas de contact avec une personne contaminée, il est recommandé de consulter rapidement, car des mesures préventives existent, notamment l'injection d'immunoglobulines par voie intraveineuse.

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