Hypertension : le stress en cause ?

Causes Hypertension
On confond souvent hypertension et tension nerveuse. Entre idées reçues et réalités médicales, le point sur la question.

Plus de dix millions de Français souffrent d'hypertension artérielle (HTA). Une maladie qui reste encore synonyme, pour beaucoup, de tension nerveuse et de stress.

Et pourtant, l'HTA n'a aucun lien avec les nerfs. C'est une maladie chronique, silencieuse, qui peut se révéler chez tout un chacun et dont on ne guérit pas. Ce qui n'empêche pas de nombreuses idées fausses de circuler, en particulier sur le stress.

Ainsi, selon un sondage près d'un tiers des Français confondent tension nerveuse et hypertension artérielle. Alors que ce sont deux notions très différentes.

À 46 ans, Caroline est sous pression permanente. Elle élève seule ses trois filles, et elle a pris de nouvelles responsabilités professionnelles. Résultat : sa tension artérielle, habituellement normale (inférieure à 14/9), augmente aujourd'hui à la moindre contrariété. Serait-elle hypertendue ?

Responsabilités ou pressions professionnelles n'augmentent pas le risque d'être hypertendu - pas plus que la colère, l'anxiété ou la contrariété...

Il faut bien faire la distinction entre le stress et l'hypertension, dont les causes sont héréditaires ou liées aux habitudes de la vie quotidienne (excès alimentaires, tabagisme, surmenage, manque de sommeil, d'exercice physique...). L'hypertension artérielle est due à une anomalie provoquée par un mauvais fonctionnement des artères.

Devenues trop "rigides", ces dernières ne peuvent recevoir correctement le sang provenant du cœur. Résultat, la pression artérielle est en augmentation permanente. Rien à voir donc avec le stress, qui produit une accélération de la fréquence cardiaque et une augmentation transitoire de la pression artérielle.

La pression artérielle n'est pas identique tout au long de la journée. Elle peut même varier de manière importante en fonction de l'activité physique et de l'environnement émotionnel. Ainsi, quand on est sur les nerfs, en colère, surmené ou sous le coup d'une émotion, les chiffres tensionnels sont plus élevés que si l'on est calme, détendu et reposé.

Chez une personne non hypertendue, cette élévation de la pression artérielle est ponctuelle, réversible et ne persiste pas à la disparition du stress. Elle n'a rien de préoccupant.

Bruno a 55 ans et souffre d'hypertension artérielle depuis cinq ans. La prise de médicaments anti-hypertenseurs lui a permis d'équilibrer sa tension à un niveau proche de la normale. Mais il est depuis peu soumis à un fort stress professionnel et a constaté dans le même temps que sa tension artérielle avait tendance à monter.

Il est en effet plus difficile pour un hypertendu soumis à une vie stressante d'équilibrer sa tension. Ce qui ne veut pas dire que cela est impossible. La hausse de tension provoquée par le stress a, en général, peu d'effets à partir du moment où l'hypertension est contrôlée par les médicaments. Les chiffres tensionnels vont augmenter et redescendre dès la disparition du stress, comme chez n'importe qui. Seules les personnes hypertendues ne suivant pas correctement leur traitement continuent à avoir des chiffres tensionnels élevés une fois le stress évacué.

Lorsque l'hypertension est permanente, un traitement anti-hypertenseur continu s'impose au long cours, même une fois les chiffres revenus à la normale. Un hyper-tendu doit ainsi prendre ses médicaments chaque jour, à la même heure, quoi qu'il arrive. Un simple arrêt des médicaments peut en effet déséquilibrer son hypertension et favoriser l'apparition de complications (accident vasculaire cérébral, insuffisance cardiaque, lésion rénale, altération de la rétine...).

D'où l'intérêt de suivre scrupuleusement la prescription de son médecin. Même en pleine forme ou détendu (en vacances, par exemple), la prise de ses médicaments ne doit jamais être modifiée ou interrompue. Attention, les anti-hypertenseurs ne sont pas "anti-stress".

Ils n'empêchent pas la tension de monter sous l'effet d'une émotion, d'une contrariété, d'une angoisse.

Hypertension
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L'hypertension n'est pas forcément permanente. Ainsi Antoine, 36 ans, souffre d'une hypertension intermittente. Selon les jours, les chiffres de sa tension artérielle sont tantôt au-dessus de la normale, tantôt normaux. Il ne prend aucun traitement, mais il a dû adopter une hygiène de vie impeccable et apprendre à gérer son stress.

Précédant parfois l'hypertension permanente, l'hypertension intermittente justifie non seulement une étroite surveillance médicale, mais aussi une hygiène de vie régulière : manger modérément, surveiller son poids, ne pas fumer, faire régulièrement de l'exercice physique, dormir suffisamment...

Les difficultés de la vie (problèmes familiaux ou professionnels notamment) peuvent aussi perturber l'équilibre tensionnel et même être à l'origine, les sujets hypertendus, comme d'une instabilité tensionnelle. Tous les moyens pouvant favoriser la disparition de ces situations de stress sont donc les bienvenus : relaxation, yoga, sophrologie, apprentissage de la gestion du stress. Ils sont d'ailleurs également conseillés chez les personnes hypertendues. Il est ainsi possible d'éviter de surajouter des poussées de stress responsables d'une augmentation provisoire de la tension artérielle.

Question de pressions

Le sang circulant dans les artères est mis sous pression grâce au cœur. Lorsque ce dernier se contracte, il repousse le sang dans les vaisseaux et la pression, qui est alors maximum sur la paroi des artères, est appelée pression systolique. Lorsque, au contraire, il est au repos, la pression, qui est alors minimum sur la paroi des artères, est appelée pression diastolique.

Il est habituel de mesurer la tension au niveau du bras ou du poignet. Chez l'adulte, après 5 minutes de repos en position assise, elle doit normalement être inférieure à 14 (pression systolique) et 9 (pression diastolique). Si la pression est mesurée au cours d'un effort physique, d'une émotion ou d'un épisode douloureux, elle est le plus souvent supérieure à 14/9. L’HTA, qui ne provoque, bien souvent, aucun symptôme, est généralement découverte lors d’un examen de routine.

Cela explique que, sur quelque 10 millions d’hypertendus en France, seuls 60 % connaissent leur état.

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