La philophobie : comment s’en débarrasser ?

Philphobie Peur Dépendance
Peur panique de vous engager ? On vous dit que vous avez un cœur de pierre ? Vos relations amoureuses semblent toujours entravées par votre peur de la dépendance ? Vous pourriez être atteint de ce qu’on appelle la philophobie. Cette phobie de l’attachement est un handicap émotionnel très difficile à vivre pour les personnes atteintes.

Souvent mal compris, cette peur de se lier à autrui affecte les relations au quotidien. Une angoisse qui a parfois des racines très profondes. Les traumatismes de l'enfance ou un passé violent peuvent en être la cause. Dans d'autres cas, il est plus difficile d'en découvrir l'origine. Êtes-vous pris d'une peur panique en vous imaginant tomber amoureux ? Comment savoir si vous êtes philophobique et la diagnostiquer ? On vous explique ce qu'est la philophobie, les causes ainsi que les solutions pour vous en libérer.

Philophobie Comprendre
© istock

Qu’est-ce que la philophobie ?

Du grec « Philo » pour amour, la philophobie est la phobie de tomber amoureux. La personne atteinte est prise d'angoisse vis-à-vis d'une potentielle relation amoureuse. Au lieu d'être vue comme un lien bénéfique, l'amour apparaît comme un piège inquiétant. Loin des émotions de bien-être et de bonheur, tomber amoureux pour le philophobique est vu comme un danger.

La personne va ainsi utiliser des mécanismes de défense pour s'en protéger. Cela se traduisant dans des comportements de rejet, de fuite ou de conflit. Cette phobie sociale peut être acquise suite à une expérience traumatisante ou se développer longtemps après. Les hommes et les femmes touchés par cette peur se retrouvent ainsi incapables de conserver une relation amoureuse saine. Leur vie sentimentale est fréquemment réduite à néant. Un trouble du comportement qui peut s'étendre à un isolement de plus en plus marqué, à une dépression ou troubles anxieux. Dans les cas les plus graves, la philophobie s’étend au cercle amical et familial. La personne prend peur de toute relation la liant à d'autres personnes.

Philophobie Dépression
© istock

Les causes

Les troubles psychologiques peuvent apparaître à tout moment de la  vie. Il arrive que les premiers symptômes de la phobie apparaissent après un événement marquant. Une rupture amoureuse, un traumatisme émotionnel ou le divorce de parents peut créer une peur du couple. Cette phobie de l'attachement peut également prendre racine dans l'enfance et ne se révéler qu'à l'âge adulte. Les trois causes les plus fréquentes de philophobie sont :

Un manque d'affection dans l'enfance

L'enfance est le moment où nous nous construisons socialement. Cet âge sensible est le terreau de notre confiance en nous et de notre estime de soi. Les premières relations fortes de notre vie sont primordiales pour acquérir un équilibre affectif.

Un manque d'affection de la part de nos parents, de notre famille ou une éducation stricte, coupant l'enfant de ses émotions, peut générer des troubles psychologiques et sociaux. En grandissant dans une famille dysfonctionnelle, l'enfant peut prendre des mauvais réflexes. La peur de l'abandon, le rejet et l'humiliation non exprimée se développe à l'adolescence par la peur de renouveler ces expériences sociales douloureuses. Peur pouvant ensuite se traduire par la peur de perdre le contrôle et de tomber amoureux.

Une ancienne relation amoureuse malsaine

Les personnes ayant fait l'expérience d'une relation sentimentale malheureuse sont plus à même de devenir philophobique. Un partenaire abusif, égoïste ou un pervers narcissique reste dans la mémoire comme un souvenir douloureux. Il est facile de perdre confiance dans les relations amoureuses. Les personnes blessées préfèrent alors le célibat. Seule, elles se sentent protégées. En ne prenant plus le risque de se lier d'affection avec quelqu'un, elles ne risquent plus de refaire les frais d'une relation malsaine.

Sans être capable de réellement exprimer son mal-être, la personne se coupe petit à petit des possibilités de faire de nouvelles rencontres. Encore sous l'emprise du souvenir de la rupture amoureuse passé, la personne devient incapable de s'ouvrir aux autres et d'exprimer ses peurs.

Un traumatisme affectif

Plus sévère que le cas précédent, un traumatisme affectif peut faire basculer dans la philophobie. Par exemple, la perte d'un être cher ou le divorce d'un parent provoquent une détresse affective. Non soignée, elle va se transformer en un blocage émotionnel.

Peur d'être à nouveau déçu par une relation ou abandonné, la personne va mettre de la distance et rejeter un prochain partenaire. Le couple prend alors la symbolique du traumatisme. On peut également parler d'une cicatrice sentimentale. La personne ne souhaitant plus aimer ou être aimé de peur que cela se termine.

Philophobie
© istock

Les symptômes

Comment savoir si vous ou un proche est atteint de philophobie ? Est-il possible de reconnaître les signes de cette maladie psychologique ? Lorsque tomber amoureux devient une phobie, des symptômes surviennent. La peur fait naître des comportements empêchant un futur bonheur en couple. Les principaux mécanismes de défense du philophobique sont :

  • Une peur panique, rationnelle et persistante lorsqu'il s'agit l’attachement émotionnel
  • Un isolement grandissant
  • Des réactions de fuite
  • Une recherche constante du conflit pour torpiller une relation naissance ou de couple
  • Une perte du sommeil et des sentiments négatifs excessifs concernant l'amour

Ces signes de la phobie peuvent apparaître et disparaître de manière aléatoire. De plus, les cas de figure sont différents. Ce trouble social s'exprime de façon très variée et dépend de la personne atteinte. Si vous vous reconnaissez ou reconnaissez une personne ayant ses symptômes, il est nécessaire de consulter un spécialiste. Un psychologue et expert du comportement pourra vous aider à mieux comprendre cette peur. Il pourra également travailler à faire disparaître ses symptômes sur la durée.

Comment lutter contre la philophobie ?

Pour pouvoir soigner la philophobie, il faut pouvoir exprimer son mal-être et accepter de reconnaître cette peur comme une phobie. Après cette phase d'acceptation, la personne pourra alors demander de l'aide à un proche ou à un spécialiste. L'idéal pour lutter contre la phobie de l'amour est de suivre une thérapie.

La thérapie cognitive est recommandée pour soigner les troubles du comportement. À l'aide d'un thérapeute, le patient va comprendre les processus mentaux et raisons de son angoisse. Il pourra ainsi travailler à l'aide d'exercices de projections. Des techniques efficaces pour combattre sa nervosité. Séance après séance, le patient surmontera ses blocages et reprendra confiance en sa capacité à aimer autrui.

L'hypnose est une médecine douce permettant de travailler le mental pour libérer le subconscient. Cette méthode se révèle bénéfique pour lutter contre sa phobie, surtout si ce trouble est lié à un traumatisme. L'hypnothérapie va aller chercher dans la partie non consciente de notre esprit pour l'aider à se reprogrammer. Plus relaxé, vous serez mieux à même d'accéder à vos souvenirs et prendre du recul.

À lire également : Apprenez à vous détendre en 2 minutes : c’est possible !

Enfin, c'est en redonnant une chance à une relation amoureuse que la personne philophobique pourra se débarrasser de ses peurs. Un couple sain allié à une excellente communication, ouvrira la voie de la guérison. Étape par étape, le passé fera place à la construction d'un avenir à deux.

La philophobie est un trouble à prendre au sérieux. Lorsqu'il s'agit de trouble de l'attachement, nous sommes encore trop souvent enclin à garder nos peurs comme des secrets. En libérant votre parole et en acceptant de vous tourner vers autrui, vous plantez les graines d'un avenir heureux en couple. Une reconstruction qui demande des efforts mais qui vous libérera. N’ouvrirons alors une multitude opportunités de rencontrer l'amour et de vous épanouir pleinement.

À lire aussi : La lypémanie : comment la soigner ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. - * Champs obligatoires