À quoi sert l’insuline ?

Insuline
Environ 300 000 diabétiques en France suivent un traitement à l’insuline sous forme d’injections quotidiennes.

Un suivi obligatoire

« "Méfie-toi de l'insuline" me disait ma famille et mon entourage », témoigne Danièle, 56 ans, chez qui on a découvert un diabète en 1981. Elle a commencé par prendre des comprimés, mais rapidement ce traitement oral s'est révélé insuffisant : « Mon médecin m'a convaincu qu'il était important que je passe à l'insuline pour normaliser mon taux de sucre. »

Les derniers travaux présentés au Congrès américain de diabétologie, à La Nouvelle-Orléans, ont confirmé combien il est nécessaire d'être sérieusement suivi et traité pour éviter les complications (cardiaques, rénales, ophtalmologiques...) liées au diabète. Il est vrai que l'insuline fait souvent peur, surtout en raison des injections et d'un traitement contraignant. C'est pourquoi le médecin doit prendre le temps d'expliquer au patient son intérêt.

L'insuline est une hormone normalement sécrétée par le pancréas. Elle permet à l'organisme de bien utiliser le sucre, le "carburant" indispensable pour nos cellules. En cas de diabète, qui se définit par un taux de sucre sanguin élevé, l'insuline "fonctionne mal".

Dans le diabète de type 1 (près de 200 000 personnes en France), il existe un important défaut de production de cette hormone. Le traitement consiste en des injections quotidiennes d'insuline, jusqu'à cinq par jour : une ou deux injections pour obtenir un niveau de base constant d'insuline dans l'organisme, auxquelles on ajoute trois injections au moment des repas où le taux de sucre s'élève dans le sang.

Autre solution : utiliser une "pompe à insuline", qui permet une administration continue de l'hormone, avec un réglage pour apporter des doses supplémentaires d'insuline au moment des repas. Cette pompe, de la taille d'un bipper, est portée à la ceinture. Un fin tuyau permet à l'insuline de sortir de la pompe et d'être administrée dans l'organisme, par l'intermédiaire d'une minuscule aiguille fixée sur la peau du ventre. Beaucoup plus rare, encore : la pompe à insuline est implantée sous la peau du ventre.

Dans le diabète de type 2, l'organisme n'utilise pas correctement l'insuline, et après plusieurs années d'évolution de la maladie, le pancréas se "fatigue" et en sécrète moins.

Le traitement nécessite de suivre un régime, souvent de prendre des médicaments et parfois d'avoir des injections d'insuline (une par jour, parfois plus).

« Après dix ans d'évolution de la maladie, pour 50 % des patients, le traitement par médicaments seuls ne suffit plus. Et il faut passer à l'insuline », explique le Dr Guillaume Charpentier, endocrinologue au centre hospitalier sud- francilien de Corbeil. Sur les deux millions de personnes souffrant d'un diabète de type 2, environ 15 % prennent de l'insuline.

Il y a de nombreuses années, les patients se traitaient avec des insulines extraites de pancréas d'animaux (porcs). Aujourd'hui, on utilise des insulines de synthèse, dont la composition est la même que l'insuline de l'homme. Elles sont fabriquées de manière industrielle sans aucun risque de contamination de virus, ou de prion...

Il en existe différents types selon leur rapidité et leur durée d'action : les insulines rapides ; à courte durée ; à durée intermédiaire, etc.

La fin des piqûres d'insuline ?

Une nouvelle insuline (glargine) de longue durée d'action a été commercialisée en France. Chez les diabétiques de type 1, elle permet souvent de diminuer le nombre d'injections. Chez les diabétiques de type 2 devant prendre de l'insuline, cette nouvelle molécule est mieux tolérée (moins d'hypoglycémies) et offrirait un meilleur contrôle du taux de sucre dans le sang par rapport à une insuline intermédiaire.

Enfin, depuis longtemps, on cherche à mettre au point une insuline qui puisse être donnée autrement que par piqûres (en général avec un stylo injecteur). Les formes nasales (en sprays) n'ont pas donné les résultats escomptés, des travaux sont en cours pour une administration par voie respiratoire...

Quand est-on diabétique ?

Cette maladie se définit par un taux de sucre (glycémie) supérieur à 1,26 g/l (prise de sang à jeun). Une fatigue, un amaigrissement, des envies répétées de boire et d'uriner sont les signes courants d'un diabète. Mais, en général, ces symptômes ne se manifestent qu'après plusieurs années de maladie.

On conseille donc, au-delà de 45 ans, d'effectuer régulièrement un contrôle de sa glycémie, surtout si un ou plusieurs membres de sa famille souffrent de diabète.

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