Diabète : comment bien le vivre ?

Une personne se le doigt pour vérifier le taux de glycémie
Aujourd’hui, la diététique du diabétique est moins rigide. Même s’il faut toujours faire preuve d’un peu de discipline… Voici les nouvelles règles à suivre.

Le diabète : qu'est-ce que c'est ?

Cette maladie apparaît en général vers la quarantaine, le plus souvent chez des sujets trop corpulents. Le diabète de type 2, qui touche au moins 2 % de la population française, se caractérise par un taux élevé de sucre dans le sang. Indolore et donc longtemps silencieux, il est dépisté tardivement, quand les complications, notamment cardio-vasculaires, sont déjà là.  Aujourd'hui, 300 000 diabétiques ignorent leur état. Pourquoi une telle négligence ? Le diabète ferait-il encore peur ?

Récemment, les critères biologiques de diagnostic ont été réévalués : en application des recommandations de l'ANAES, l'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation de la santé, toute personne dont le taux de sucre dans le sang, à jeun, est supérieur à 1,26 g/litre, lors de deux examens successifs, doit être considérée comme diabétique. Jusque-là, le seuil était de 1,4 g/l à jeun, et/ou de 2 g/l après une charge de 100 g de sucre.

Concernant l'alimentation du diabétique, le temps où le patient devait se priver de ce qu'il aimait est loin. Aujourd'hui, il mange de tout, de façon équilibrée. C'est pourquoi vous ne devez pas hésiter à vous faire dépister.

Grâce aux mesures hygiéno-diététiques dictées par le médecin, vous retarderez la mise en place d'un traitement médicamenteux, et vous éviterez l'apparition de nombreuses complications.

Premières mesures dès le dépistage

Il se peut que la découverte de ce diabète soit fortuite, lors d'un examen de routine, ou qu'il ait été recherché par le médecin chez un individu ayant un surpoids. Dans tous les cas, l'annonce de ce diagnostic nécessite de consulter un spécialiste. C'est lui qui approfondira les examens dans le but de classifier ce diabète. II dressera aussi le bilan des complications éventuelles, en France, 50 % des diabétiques de type 2 en présentent déjà au moment du diagnostic.

Il décidera enfin de la meilleure prise en charge possible. D'emblée, des conseils diététiques sont indispensables. Et il faudra les suivre à vie. Mais si vous êtes diabétique, vous pourrez manger normalement, y compris du sucre, votre "ennemi", en quantité raisonnable. En fait, les spécialistes ne vous conseillent pas de supprimer tel ou tel aliment, ils vous recommandent le plus souvent de moins manger et de pratiquer un sport pour perdre du poids. En France, on estime que 80 % des diabétiques de type 2 présentent une surcharge pondérale.

Une étude chinoise a montré que le suivi des règles diététiques associé à la pratique d'un sport (20 à 30 minutes, trois fois par semaine) suffisait à diminuer l'incidence du diabète chez les sujets trop gros ou obèses. En effet, normalement, l'insuline permet au sucre de pénétrer dans les cellules de l'organisme. En cas de surpoids, cette hormone devient moins efficace, et le sucre s'accumule dans le sang jusqu'à aboutir à une hyperglycémie.

Le sucre : je peux ou pas ?

Il est admis aujourd'hui que le diabétique doit manger 50 % de sa ration quotidienne sous forme de glucides. Pain, pâtes, pommes de terre : tous les féculents peuvent être consommés, en prenant quelques précautions. Ainsi, le pain et la purée de pommes de terre augmentent le taux de glycémie davantage que les frites, les pâtes ou le riz.

Quant aux légumes secs, aux lentilles, aux petits pois ou aux haricots, c'est avec eux que le diabétique trouve le meilleur équilibre glycémique. Ce sont en effet les féculents les moins hyperglycémiants. Tous ces aliments se valent, dès lors que l'on apprend à raisonner en termes d'équivalence. Vous pouvez par exemple remplacer 1/4 de baguette par 4 à 6 cuillerées à soupe de riz ou de légumes secs, ou l'équivalent en pâtes.

Vous pouvez aller au restaurant ou, pourquoi pas, dans un fast-food. un repas avec hamburger, petite portion de frites, salade et salade de fruits n'est pas interdit. Un fruit entier est moins hyperglycémiant qu'une préparation sous forme de compote ou de fruits pressés, même si cette dernière n'est pas additionnée de sucre. A côté des glucides, les lipides doivent représenter 30 % de la ration calorique quotidienne, et les protides, 15 %.

D'une manière générale, le régime crétois, qui diminue les graisses saturées et privilégie les graisses monosaturées que l'on trouve dans le poisson et l'huile d'olive, semble tout indiqué. De nombreuses études soulignent l'effet protecteur de la consommation régulière de poissons sur le système cardiovasculaire.

Il est donc conseillé d'en manger en quantité suffisante pour agir sur les autres facteurs de risque inhérents au diabète : l'hyperlipémie (ou excès de lipides dans le sang), l'hypertension et l'obésité. En dehors de toute contre-indication médicale particulière, vous pouvez consommer, modérément, des boissons alcoolisées . par exemple, deux verres de vin, pris si possible au moment des repas.

Quant à l'activité physique, mieux vaut qu'elle soit pratiquée de façon mesurée et pendant un temps raisonnable, pour obtenir un effet bénéfique. L'idéal est un effort physique qui dure un minimum de 30 minutes par jour pour que les acides gras des réserves adipeuses soient mobilisés de manière significative. Les sports recommandés sont la marche, le vélo, le footing et la natation.

Ne relâchez pas votre vigilance

Même quand tout va bien, n'oubliez pas que le diabète est une maladie chronique qui, négligée, peut devenir grave. Vous devez donc consulter régulièrement votre médecin. Ce dernier doit savoir si vous suivez ses consignes hygiéno-diététiques.

Si vous n'y arrivez pas, si elles vous semblent trop difficiles, il les modifiera en fonction de vos goûts alimentaires et de vos capacités physiques. II surveillera aussi l'apparition des autres facteurs de risque, comme une hypertension artérielle qu'il faudra traiter parallèlement, ou un excès de cholestérol dans le sang, qu'il faudra corriger. Et il vous conseillera l'arrêt du tabac, dont on connaît l'effet désastreux sur le système cardiovasculaire.

Par ailleurs, le contrôle de votre équilibre glycémique nécessite le dosage trimestriel d'un paramètre sanguin, l'hémoglobine glyquée, qui permet d'évaluer l'équilibre du diabète. Il est aussi important de dépister les signes précurseurs des complications spécifiques du diabète.

Pour vivre avec du diabète sans trop de soucis...

Chez le diabétique, l'hyperglycémie agit sur les vaisseaux, provoquant une lésion vasculaire spécifique, la microangiopathie. Un bilan vasculaire annuel permettra de rechercher les signes précurseurs. En plus des règles hygiéno-diététiques, le médecin pourra éventuellement mettre en place un traitement antidiabétique oral.

Le diabétique présente un risque d'accident cardiovasculaire de trois à cinq fois supérieur à celui de la population moyenne. D'où l'importance de l'autosurveillance. Les glycémies appréciées par prélèvement sanguin au bout du doigt permettent d'évaluer les poussées hyperglycémiques secondaires à l'ingestion de tel ou tel aliment.

Le médecin peut vous demander de contrôler votre glycémie par une petite piqûre au doigt à jeun et après le repas, deux fois par semaine, par exemple. Vous vous rendrez compte de votre propre tolérance aux aliments et de l'intérêt d'une activité physique. Cette autosurveillance ne doit être que temporaire.

À noter : Le maintien d'un équilibre glycémique permet de diminuer, voire de prévenir, les complications qui font toute la gravité du diabète.

À retenir

Pour une bonne surveillance :

  • Tous les 3/4 mois :
    • prise de sang pour doser l'hémoglobine glyquée.
  • Une fois par an :
    • Examen clinique : vérification de l'état de la peau (surtout des pieds).
    • Bilan de la vue, fond d'œil...
    • Prise de sang et analyse d'urine pour connaître le taux de cholestérol, de triglycérides, l'état de santé des reins...
    • Électrocardiogramme.

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