Épuisée sans raison, et si c’était une hypothyroïdie ?

Hypothyroidie Thyroide Fatigue
On y pense rarement, car les symptômes de l’hypothyroïdie apparaissent très progressivement. Sachez les reconnaître – et comprendre cette maladie.

L'hypothyroïdie : qu’est-ce que c’est ?

La thyroïde, petite glande en forme de papillon, est située en avant du cou, à la hauteur de la saillie cartilagineuse, formant la pomme d'Adam. Elle sécrète et déverse dans notre sang des hormones connues sous le nom de T3 (triiodo-thyronine) et T4 (thyroxine). Elle pèse moins de 30 grammes et, pourtant, quand elle fonctionne au ralenti, c'est tout notre corps qui est perturbé.

L'hypothyroïdie est une maladie discrète, qui s'installe très progressivement quand la thyroïde ne sécrète plus assez d'hormones T3 et T4. Cette maladie connaît actuellement un regain d'intérêt, qui s'explique par l'augmentation globale de sa fréquence, la possibilité de mieux diagnostiquer les formes frustres (sans symptômes spécifiques), une meilleure connaissance des mécanismes débouchant sur les grandes complications (cardiovasculaires, pulmonaires et musculaires) et par de meilleures possibilités thérapeutiques.

Hypothyroïdie : quels sont les signes d'alerte ?

Soyez très vigilant car les premiers signes de cette maladie passent long- temps inaperçus. Ils sont souvent imputés, à tort, au vieillissement.

  • Vous êtes constamment épuisé, même si vous prenez le temps de vous reposer.
  • Votre peau est pâle, sèche et froide, votre visage est boursouflé.
  • Vos mains sont gonflées.
  • Vous avez souvent des crampes musculaires et des fourmillements.
  • Vos cheveux sont très secs et ils tombent anormalement ; sourcils et poils se raréfient.
  • Votre voix est devenue sourde, monocorde, lente, grave, rauque ou éraillée.
  • La nuit, vous ronflez. Le jour, vous êtes maladroit, manquez d'entrain, réagissez à retardement, pensez lentement et vous avez de plus en plus souvent des pertes de mémoire.
  • A des degrés variables, vous pouvez encore avoir toujours froid, être dépressif, avoir une constipation chronique, une libido en berne...

Si vous vous reconnaissez dans ces symptômes, si ceux-ci se sont accentués au fil du temps, notez-les avec précision et consultez votre médecin.

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Qui est concerné ?

En majorité, les femmes, parfois après une grossesse ou, plus fréquemment, à la cinquantaine ; des périodes-clé où la glande peut se modifier.

Mais les hommes ne sont pas épargnés et une baisse de production des hormones thyroïdiennes engendre chez eux les mêmes symptômes et les mêmes conséquences.

L'hypothyroïdie : comment se fait le diagnostic ?

Dans sa forme classique, l'hypothyroïdie peut être diagnostiquée par le médecin ou l'endocrinologue, lors de l'examen clinique.

Le vrai problème aujourd'hui, c'est le retard de diagnostic. Plusieurs raisons à cela : l'hypothyroïdie s'installant de façon insidieuse sur plusieurs années, ni la personne atteinte ni son entourage ne s'en rendent compte. Les modifications induites par la maladie sont par ailleurs trop facilement mises sur le compte du déclin obligatoire de la seconde partie de la vie.

Au moindre doute (en cas d'hypercholestérolémie, par exemple), il peut donc être utile de faire des dosages hormonaux. Ces dosages se font par une simple prise de sang qui permet de vérifier votre taux de TSH (hormone stimulant la thyroïde, sécrétée par l'hypophyse), puis de T3 et de T4.

Mais, dans la pratique, il n'est pas rare que des personnes aient des dosages sanguins normaux alors qu'elles ont tous les symptômes d'une hypothyroïdie. Un dosage dans les urines (sur 24 h), en cours d'évaluation, est probablement une piste intéressante pour diagnostiquer et traiter d'authentiques hypothyroïdies passées inaperçues.

Les hormones thyroïdiennes étant éliminées par les urines, un dosage urinaire peut, en effet, révéler une hypothyroïdie diagnostiquée par le médecin lors de la consultation, mais non révélée par le contrôle sanguin.

Pourquoi c'est important de le savoir ?

Outre les désagréments (physiques et intellectuels) qu'elle induit, l'hypothyroïdie vous fait vivre au ralenti et accélère le vieillissement.

Si vous restez carencé en hormones thyroïdiennes, vos symptômes vont s'aggraver avec le temps et risquent de s'installer définitivement alors que cette maladie se soigne très bien.

Un traitement simple contre l'hypothyroïdie

Il suffit d'avaler chaque matin des hormones thyroïdiennes de synthèse (en comprimés).

Attention : cette supplémentation hormonale ne peut se faire que sur prescription et surveillance médicale. Parvenir à un équilibre parfait et bénéfique, sans aucun effet secondaire, nécessite en effet des dosages réguliers.

Bien suivi, un tel traitement (remboursé par la Sécurité sociale) peut vous changer la vie, quel que soit votre âge.

L'hypothyroïdie étant extrêmement impliquée dans le vieillissement humain, on peut se demander si, en avançant en âge, nous ne sommes pas tous, plus ou moins, en état de carence en hormones thyroïdiennes.

Un bon dépistage et un traitement adapté de cette maladie trop souvent méconnue permettraient donc, à certains, d'avoir une bien meilleure qualité de vie. Il est important et urgent de s'en soucier.

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Quelles sont les causes ?

On incrimine souvent une atrophie de la glande thyroïdienne. Mais l'hypothyroïdie peut aussi être générée par un traitement des troubles du rythme cardiaque, le traitement "excessif" d'une hyperthyroïdie, une maladie auto-immune (quand l'organisme fabrique des anti- corps détruisant la glande) comme la thyroïdite de Hashimot, ou encore à un déficit de TSH (Thyroïde Stimuline Hormone), hormone sécrétée par l'hypophyse.

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De précieuses hormones

Elles agissent sur fa plupart de nos tissus et organes. En réglant l'activité chimique des cellules, elles leur permettent de libérer de l’énergie.  Elles sont donc indispensables pour maintenir le corps à une température constante et lutter contre le chaud et le froid.

Par leur action sur les lipides (graisses), elles nous évitent de trop grossir et régulent le cholestérol. Elles favorisent la production des protéines, essentielles aux muscles. Elles équilibrent le calcium dans le corps ; ce qui les rend indispensables à la croissance (dans l’enfance) et à la qualité des os.

Elles participent à la transformation des sucres, contribuant ainsi à la dégradation de l’insuline. Par conséquent, elles pourraient aussi légèrement modifier le taux de glycémie.

Elles stimulent la consommation d’oxygène de tous les tissus, agissent sur le système nerveux, régulent le transit digestif...

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