Luminothérapie : bonne contre les insomnies et petites déprimes !

Luminothérapie Traitement Lumière
S’exposer à une lumière particulière pour traiter une maladie, cela peut surprendre ! Il s’agit pourtant d’un vrai traitement médical qui nécessite une surveillance.

La lumière influe sur notre l'horloge biologique qui règle non seulement nos cycles de veille et de sommeil, mais aussi notre humeur.

Lorsque cette belle mécanique s'enraye, une des solutions consiste à s'exposer chaque jour pendant trente minutes à une lumière intense de 10 000 lux (par comparaison, une ampoule normale diffuse environ 500 lux).

Guérir de la déprime de l’hiver

Pour qui ?

Pour tous ceux qui ont un coup de "blues" à l'approche de l'hiver, quand la nuit tombe à 17 heures. Cette dépression, dite saisonnière, se caractérise par un sentiment de tristesse et d'anxiété, un besoin de sommeil et un appétit accrus.

Tous ces symptômes disparaissent spontanément avec la lumière des beaux jours. La photothérapie est efficace dans 80 % des cas. Les antidépresseurs ne sont utilisés qu'en cas d'échec. De cette manière, on peut également soulager les femmes qui dépriment avant leurs règles, sans que l'on puisse expliquer pourquoi la lumière leur est bénéfique.

Pour ceux et celles qui s'endorment très tôt ou très tard. Certaines personnes souffrent, en effet, de troubles du sommeil dus à un "retard de phase". La photothérapie va les aider à retrouver un bon rythme (comptez au moins quinze jours de traitement). Elle peut aussi être utile aux voyageurs qui viennent de traverser plusieurs fuseaux horaires (huit à quinze jours de traitement).

Pour les personnes qui travaillent de nuit. La lumière stimule l'organisme, à condition de travailler dans un environnement fortement éclairé (au moins 2 500 lux). Sinon, une exposition quotidienne d'une demi-heure possède les mêmes effets.

Pour les boulimiques. La lumière intense a tendance à couper l'appétit. Mais le traitement principal reste la psychothérapie.

Mode d'emploi

Pour traiter une dépression saisonnière, trente minutes par jour jusqu'au retour du printemps permettent d'améliorer les symptômes.

On peut interrompre la photothérapie et voir si les résultats se maintiennent, en sachant qu'en cas de rechute dépressive il faudra de nouveau quatre-cinq jours pour qu'elle soit efficace.

Le patient ne doit pas regarder la lampe, mais se laisser envelopper par sa lumière bienfaisante. Pas besoin de porter des lunettes de soleil.

Au contraire, il faut que l'œil, plus particulièrement la rétine périphérique, puisse capter les photons émis par le rayon lumineux.

Certaines personnes peuvent toutefois ressentir des picotements dans les yeux ou une sensation de sécheresse. Dans ce cas, on prescrit des larmes artificielles. Il n'y a aucun risque de "coup de soleil" sur la peau, car les lampes filtrent les rayons ultraviolets.

Où suivre le traitement ?

Dans un service spécialisé. Tout commence par une consultation spécialisée, le plus souvent à l'hôpital dans un centre du sommeil ou dans un service de psychiatrie.

Certains médecins libéraux sont également équipés en matériel de photothérapie. Mais le traitement n'est pas pris en charge par la Sécurité sociale. Certaines mutuelles le remboursent en partie.

Chez soi. Une fois que le diagnostic a été clairement posé par un médecin et que le traitement a fait ses preuves, on peut continuer à domicile sans danger. Les magasins d'électroménager vendent des lampes de photothérapie (entre 150 et 450€ selon la gamme).

On peut également en louer une en pharmacies ou dans les boutiques de matériel médical.

Depuis peu sont apparus dans le commerce des "simulateurs de l'aube" (ils coûtent environ 160 euros en magasins spécialisés). Ces appareils veulent concurrencer le bon vieux réveille-matin. Trente minutes avant l'heure programmée du réveil, une lumière dont l’intensité augmente progressivement se répand dans la pièce. L'organisme émerge du sommeil d'une manière plus douce qu'avec une sonnerie stridente, ce qui lui permettrait de mieux recharger ses batteries.

L’idée est intéressante. Mais il est trop tôt pour dire si cette méthode est plus efficace que la photothérapie classique. Il n'y a pas eu assez d'études scientifiques.

Luminothérapie à La Maison
© istock

Soigner la peau

La puissance des rayons ultraviolets (les U.V.A. et les U.V.B.) est utilisée pour soigner certaines maladies de peau, en particulier le psoriasis. On cherche à mimer certains effets du soleil sur la peau et à freiner le développement de certaines cellules épidermiques.

Le traitement commence par des séances d'U.V.B. qui agissent au niveau de l'épiderme, donc à la surface de la peau. Si les résultats ne sont pas satisfaisants, on passe aux U. V.A. en procédant par photosensibilisation. C'est la "puvathérapie'.

Pour qui ?

Les U.V.A. et U.V.B. sont efficaces dans le traitement du psoriasis (80 % de bons résultats). La puvathérapie peut également soulager les personnes atteintes de formes sévères de lichen. Quant aux U.V.B., ils sont utiles sur certains eczémas et sur la pelade. Des séances peuvent aussi être prescrites en cas de vitiligo, avec des résultats dans la moitié des cas.

Mode d'emploi

La puvathérapie, comment ça marche ? Deux à trois heures avant de s'exposer aux rayons ultraviolets, le patient ingère un comprimé de psoralène (plus rarement, on lui badigeonne le corps avec ce produit).

Cette molécule chimique change de forme sous l'effet des U.V.A. et va détruire certaines cellules de la peau. Le patient, muni de lunettes qui lui protègent les yeux, entre dans une cabine équipée de lampes spéciales pour une durée d'une à quinze minutes (ce qui n'est pas très agréable pour les claustrophobes...).

Pour soigner un psoriasis, on débute par trois séances par semaine, avant de les espacer dès que l'état de la peau s'améliore. Mais la puvathérapie ne guérit pas la maladie. À l'arrêt du traitement, les symptômes peuvent réapparaître. Parfois avec une rémission de plusieurs années.

Cette technique nécessite certaines précautions. Sous l'effet du psoralène, la peau reste sensible aux U.V.A. pendant six heures et les yeux pendant dix heures. Pour éviter un surdosage (avec un risque de conjonctivite et de brûlure de la peau), il faut donc se méfier de la lumière du jour et même de l'éclairage artificiel (pas d'exposition prolongée au soleil, port de vêtements longs...).

En principe, l'organisme ne devrait pas recevoir plus de 2 000 joules (une mesure de l'énergie) de puvathérapie au cours de la vie. Or, une séance représente 10 joules. En fait, tout dépend de chaque type de peau. Une chose est sûre, il ne faut pas abuser des U.V.A., car ils accélèrent le vieillissement cutané (troubles de la pigmentation, couperose...) et augmentent, surtout chez les personnes à peau claire, le risque de cancer.

Les séances d'U.V.B. nécessitent également de prendre des précautions (port de lunettes pendant et après l'exposition...). Mais ces ultraviolets sont moins nocifs pour la peau, car ils agissent superficiellement.

Où suivre le traitement ?

Il existe des consultations à l'hôpital. En ville, certains dermatologues libéraux sont équipés avec le matériel nécessaire.

Traiter la jaunisse du nourrisson

A la naissance, 70 % des nouveau-nés vont développer une jaunisse due à un démarrage un peu lent des fonctions du foie. La plupart du temps, cet ictère va se résorber spontanément. Mais certains bébés devront être soignés par photothérapie. Un traitement simple et efficace qui remplace, dans l'immense majorité des cas, une intervention beaucoup plus lourde, l'exsanguinotransfusion (on change le sang pour éliminer la substance toxique).

Pour qui ?

Pour les 5 à 8 % de nourrissons nés à terme qui vont développer un ictère important. Chez ces enfants, il faut surveiller attentivement le taux de bilirubine, une substance qui s'accumule anormalement dans l'organisme alors qu'elle devrait être éliminée par le foie. C'est elle qui colore la peau en jaune. Un taux trop élevé expose l'enfant à des séquelles cérébrales très graves.

Certaines maternités disposent d’appareils qui mesurent le taux de bilirubine dans la peau par simple contact, ce qui évite beaucoup de prises de sang. Ces mesures permettent de savoir s'il faut mettre en place une photothérapie.

Mais ce dépistage est plus ou moins bien assuré. Aujourd'hui, par manque de place, les mères quittent souvent la maternité deux-trois jours après l'accouchement. Or, on ne devrait pas laisser sortir un nouveau-né sans être sûr qu'il n'a pas une jaunisse évolutive.

Mode d'emploi

Un type particulier de lumière (bleue, sans ultraviolets) modifie les molécules de bilirubine, ce qui facilite leur élimination par l'organisme. La lumière doit être placée à moins de 50 cm du corps. Le traitement dure deux ou trois jours, en continu. Le bébé porte des lunettes en tissu pour le protéger de l'éblouissement (aucun risque pour la peau) et doit être étroitement surveillé.

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