Trop de radios : c’est dangereux pour la santé ?

Radiographie
On passe plus de radios et de scanners qu’auparavant. On peut s’inquiéter des effets des rayons X. La réglementation vient d’ailleurs d’être réformée.

Un examen indispensable dans bien des cas

Tout le monde admet que les rayons X (radiographie, scanner, scintigraphie) sont indispensables au dépistage, au diagnostic et même au traitement de nombreuses pathologies, mais ils engendrent aussi une certaine inquiétude. Y a-t-il un danger pour les patients à passer plusieurs radios ? Les rayons X peuvent-ils rendre un homme stérile ? Les enfants courent-ils un risque ?

La réponse à ces questions n'est pas simple. Les experts assurent que, lorsqu'ils sont réalisés dans de bonnes conditions, ces examens sont sans danger, car les doses délivrées restent faibles. Mais, dans le même temps, ils admettent que mesurer d'éventuels effets à long terme n'est pas facile.

Examen et radiologie : Éviter les actes inutiles

Alors, dans le doute, on prend un maximum de précaution, par exemple en protégeant systématiquement les organes génitaux d'un petit garçon. Une chose est sûre, il vaut mieux passer une radio ou un scanner (et même plusieurs d'affilée) plutôt que de laisser une maladie grave évoluer.

Dans le but de renforcer la protection des patients, la réglementation française vient d'être modifiée. Désormais, pour éviter toute exposition inutile, chaque médecin doit justifier par écrit sa prescription (information recherchée, choix de l'examen, etc.). Le radiologue peut refuser d'effectuer cet examen s'il l'estime inutile. Il peut aussi, dans la mesure du possible, choisir une autre technique ne faisant pas appel aux rayons X (par exemple l'échographie ou l'IRM). Enfin, l'irradiation, si elle est inévitable, doit être la plus faible possible et délivrée par un appareil soumis à un contrôle de qualité.

Cette nouvelle réglementation est d'autant plus importante que les actes de radiologie se multiplient. Leur nombre augmente de 8 % par an et a atteint 80 millions en 2019, selon les estimations de la CPAM. Deux tendances nous poussent à la consommation. D'une part, la volonté de mieux dépister certaines maladies (par exemple les mammographies pour lutter contre le cancer du sein) d'autre part, les technologies de plus en plus performantes.

« Les nouveaux scanners très puissants donnent très rapidement des images très fines. On a donc tendance à en faire plus. Or, certains appareils délivrent des doses non négligeables », observe le Pr Guy Frija, secrétaire général de la Société française de radiologie.

Mettre les appareils aux normes

La nouvelle réglementation devrait aussi permettre de moderniser le parc d'appareils radiologiques. En effet, les 52 0000 installations (dont 35 000 chez les dentistes) recensées en France ne sont pas toujours aux normes.

Pour un même examen, un patient peut recevoir des doses quatre fois supérieures selon le matériel et les méthodes utilisés. « Certains appareils anciens sont mal réglés, il serait inutile de le nier. Mais les doses restent quand même faibles », remarque Hélène Beauvais, responsable de l'unité des expositions médicales à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (Irsn). D'où l'importance d'instaurer un véritable contrôle de qualité.

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