La chiropratique expliquée : définition et bienfaits

Chiropraxie Thérapie Manuelle
Longtemps décriée par la médecine classique, la chiropraxie, veut sortir de la confidentialité. Mode d’emploi d’une technique encore finalement mal connue toujours en 2020.

La chiropraxie : qu’est-ce que c’est ?

Médecine dite douce, car sans médicaments ni chirurgie, la chiropratique (anciennement chiropraxie, du grec cheir, la main) est d'origine américaine. Mise au point par Daniel David Palmer, à la fin du XIXe siècle, perfectionnée au cours des années, elle mettra soixante-dix ans à être reconnue outre-Atlantique et à s'imposer dans différents pays, notamment en France.

Les chiropraticiens traitent les maladies par manipulations et ajustements des articulations, en général liées à la colonne vertébrale. En effet, ils partent du principe que "les perturbations du système nerveux comptent parmi les facteurs les plus importants des causes de maladie" selon la formule de l'American Chiropractic association.

Lorsqu'il fait connaissance avec un nouveau patient, le chiropraticien lui pose des questions précises sur son passé (accidents, traumatismes, pratique sportive, habitudes, position pour dormir, qualité du sommeil), puis examine le corps avec attention. Il repère les déséquilibres du corps : épaule plus basse que l'autre, "torsion" de la colonne vertébrale, partie du dos plus musclée que l'autre, pression du corps sur un pied plus importante que sur l'autre, etc. L'examen du patient est capital.

Enfin, il commence à palper son patient, une fois celui-ci allongé sur le ventre. Il s'applique à repérer les "subluxations", c'est-à-dire les "déplacements" de vertèbres, même très légers.

C'est pourquoi il attache une grande importance à la palpation de la colonne vertébrale et aux radiographies qu'il exige dans de nombreux cas. Il ne commencera véritablement le traitement en profondeur que lorsqu'il en aura pris connaissance.

« Sans radio, en palpant doucement, on identifie souvent les pathologies. Mais on ne peut pas s'en contenter. Je fais faire une radio à tous mes patients », assure une chiropraticienne installée à Paris.

Chiropraxie
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Les bienfaits de la chiropraxie

Isabelle est suivie par une chiropraticienne depuis deux ans pour des douleurs dorsales et cervicales.

« La première fois, je suis venue avec mes radios. Au début, j'étais un peu réticente. Maintenant, c'est devenu une affaire de famille. J'y envoie mes enfants de six et neuf ans. J'y ai également envoyé ma mère, qui a une soixantaine d'années, et qui a une scoliose congénitale et des douleurs sciatiques. Elle a constaté une nette amélioration, ce qui lui a permis de réduire les médicaments qu'elle prenait. »

La chiropratique considère le corps comme un tout, non comme une simple mécanique faite de pièces indépendantes les unes des autres. Si, dans un moteur, une pièce ne fonctionne plus, on la remplace, faute de quoi le moteur tombe en panne.

Rien de semblable dans l'organisme humain : lorsqu'une partie (non vitale) ne remplit plus son rôle, le corps compense, et les parties voisines vont pallier la déficience ainsi provoquée. Si une cheville est blessée, le genou, la hanche, le bassin vont travailler davantage. Puis c'est le corps tout entier qui va s'adapter pour éviter de mettre trop de poids sur cette jambe. Mais cette adaptation demande des efforts supplémentaires. Cela fonctionne jusqu'au jour où le corps refuse de fournir ces efforts. Il envoie alors un signal : la douleur. Qu'il ne faut pas confondre avec le mal lui-même, dont elle n'est que la manifestation.

Le corps non seulement s'adapte aux conditions de vie, mais est aussi doté de mémoire. Les traumatismes s'y inscrivent et provoquent telle attitude, telle façon de se tenir ou de marcher. Et les maux prennent des formes différentes selon la personne qui en souffre.

La chiropratique ne veut pas se contenter d'agir sur l'effet, comme un cachet d'aspirine qui calme la douleur sans soigner le mal. Elle a l'ambition de s'attaquer aux causes de la maladie.

Que peut soigner la chiropraxie ?

« Rien, répond, un brin provocateur, Jean Pierre Roux, chiropraticien. Elle ne soigne rien. Elle permet au corps de mieux fonctionner. » Donc de traiter certaines affections. Cela va des vertiges aux bourdonnements d'oreilles, en passant par le mal de dos, les troubles de la digestion, les règles douloureuses, l'énurésie. Plus généralement, elle prévient des risques de douleur occasionnés par le stress, la fatigue, l'insomnie, tous les aléas de la vie moderne.

De l'aveu même des habitués, il fut un temps où les chiropraticiens péchèrent par leur prétention à tout soigner, à l'exclusion de toutes les autres médecines.

Ce qui n'a pas contribué à améliorer leurs relations avec les tenants de la médecine classique. Ce temps est révolu.

L'heure, aujourd'hui, est au réalisme et à la modestie. Et à la complémentarité avec la médecine allopathique.

Anne, 45 ans, sportive, ressentait des douleurs dans l'épaule et sous le bras. Après avoir fait des radios, elle est allée consulter un chiropraticien. La première séance met en évidence une colonne vertébrale légèrement déviée. Une situation qui durait depuis des années, que seule la douleur lui aura révélée. « Le poids des ans, dit-elle en souriant, sans doute accentué par la pratique du marathon. » Au bout d'un mois, à raison de deux séances par semaine, Anne a commencé à voir ses douleurs s'estomper progressivement. Elle en a encore pour un mois. « En sortant de la séance, je me sens bien, détendue. Après, je continuerai, à un rythme plus espacé. Des révisions régulières, comme une voiture ! Mieux vaut prévenir que guérir. »

Posturologie Posture Osteopathie
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Savoir s'arrêter

Nathalie, mère de trois enfants, ne croyait pas à cette discipline et en avait même un peu peur. Elle souffrait de problèmes de dos consécutifs à deux accidents de voiture. « On me donnait des comprimés que mon estomac ne supportait plus, on me faisait des piqûres contre la douleur, se souvient-elle. Je n'en pouvais plus. Au bout de deux mois, cela a été beaucoup mieux. Maintenant, j'y vais une fois par mois. Je peux désherber mon jardin, je n'ai plus l'impression d'être une vieille dame. »

La chiropratique peut-elle être dangereuse ?

Toute manipulation du dos comporte un risque. C'est pourquoi les chiropraticiens sérieux ont suivi une formation d'au moins six années comportant non seulement des cours de palpation et de kinésiologie, mais aussi des matières médicales fondamentales telles que la physiologie, la micro- biologie, l'anatomie, etc. L'autre risque est de continuer à se faire traiter par cette discipline, alors qu'aucune amélioration n'est véritablement constatée.

Dans ce cas, on ne peut que conseiller d'aller consulter un médecin.

Reste l'obstacle principal : le prix. Pour une séance, il faut compter entre 40 et 70 euros. Reconnue en France depuis 2005, cette pratique n'est pourtant pas remboursée par la Sécurité sociale.

L'idéal, insistent tous les chiropraticiens, est de ne pas attendre la douleur pour consulter. Car alors il est déjà bien tard pour agir. Le praticien, s'il est sérieux et compétent, saura déceler les déséquilibres, les torsions, les irrégularités qui, si l'on n'y prend garde, peuvent annoncer des pathologies plus sérieuses.

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