Pourquoi faire un frottis ?

Frottis Examen Tube
Simple, efficace et non douloureux, le frottis cervico-vaginal est le principal moyen de dépister un cancer du col de l’utérus.

Lorsque le gynécologue pratique un frottis cervico-vaginal, il se limite à prélever les cellules de la mu- queuse qui se détachent de la surface du col de l'utérus. En aucune façon, il ne s'agit donc d'un acte agressif.

Les prélèvements sont ensuite envoyés au laboratoire pour être analysés. Le diagnostic sera porté sur la modification de la taille ou de la forme des cellules, ainsi que sur la proportion de cellules anormales dans le prélèvement.

On distingue ainsi différents stades de frottis anormaux. De la dysplasie (du grec platein - construire -, signifie : défaut de construction) la plus minime à la dysplasie sévère, jusqu'aux cancers - ou encore carcinomes du col. Les lésions cancéreuses peuvent être plus ou moins profondes, plus ou moins étendues.

Les dysplasies sont relativement fréquentes. Elles touchent, en effet, plus de 5 % de la population féminine. La plupart n'évoluent pas, ou même régressent spontanément.

Mais on observe que plus la dysplasie est sévère, plus le risque d'évolution cancéreuse est important.

Les frottis permettent également de diagnostiquer un autre type d'anomalie : le condylome, petite excroissance de la muqueuse due à une infection par un papillomavirus.

La présence de condylomes augmente également fortement le risque de survenue d'un carcinome du col.

Dans tous les cas, un frottis anormal devra être confirmé par une colposcopie (examen du col au moyen d'une loupe binoculaire spéciale, ou colposcope), au cours de laquelle le gynécologue peut pratiquer une biopsie (prélèvement de la zone suspecte).

En cas d'anomalie

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Le dépistage précoce d'une anomalie permet de la traiter plus facilement. Dans les formes minimes, il faudra surveiller l'évolution par des frottis réguliers, ou décider d'éliminer le petit foyer dysplasique par cryothérapie (destruction au protoxyde d'azote) ou vaporisation laser.

Pour les formes plus sévères ou localisées (zone de jonction et endocol), difficiles à surveiller, on pratiquera plutôt une conisation. C'est l'ablation d'un fragment conique de muqueuse, centré sur l'orifice du canal cervical. (La surface du cône étant située au niveau de l'exocol et la pointe du cône englobant zone de jonction et endocol, plus ou moins en profondeur selon les lésions.)

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Quand faut-il le faire ?

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Les spécialistes recommandent de commencer à l'âge de vingt ans, voire plus tôt, en se basant sur le début de la vie sexuelle. Les infections virales sexuellement transmissibles (fréquentes chez les jeunes aux partenaires multiples) favorisent l'apparition de condylomes et dysplasies du col. Après 65 ans, ils ne seraient plus nécessaires, les risques d'évolution cancéreuse étant très faibles.

Un débat a lieu actuellement en France sur le rythme des frottis. En 2015, une commission réunissant représentants de la CPAM et des syndicats médicaux a demandé, après avis d'un groupe d'experts, que le nombre de frottis remboursés par patiente soit limité. Après deux frottis normaux à un an d'intervalle, les suivants doivent être espacés de trois ans. Limitation ne s’appliquant plus dès que l'on diagnostique une anomalie, ou s'il y a des symptômes. Cette règle, basée sur un argument médical - l'évolution souvent lente des lésions avant l'arrivée au stade cancéreux -, a pour but de limiter les dépenses de santé. Mais un grand nombre de médecins (95 % des gynécologues de ville, selon une enquête) s'opposent à cette mesure. Ils observeraient de plus en plus de cas d'évolution rapide des lésions précancéreuses, en particulier chez des femmes très jeunes.

Autre problème discuté : l'absence de dépistage systématique pour l'ensemble des femmes exposées au risque de cancer du col (toute femme ayant entre 20 et 65 ans).

Les femmes qui bénéficient des frottis sont celles qui consultent spontanément. Ce sont les mieux informées et les plus médicalisées. A l'inverse, on constate qu'un tiers des Françaises n'a jamais eu de frottis dans sa vie. Et la plupart viennent des milieux les plus défavorisés.

En attendant que soient résolues les questions de fréquence des frottis et de dépistage systématique, les consultations de gynécologie (au moins une fois par an) sont recommandées.

Important, l'examen du col

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Qu'est-ce que le col de l'utérus ? Le col correspond à la partie inférieure, rétrécie, de l'utérus et fait saillie en haut de la cavité du vagin.

Lors de l'examen gynécologique, le médecin utilise un spéculum pour voir le col, ou plus précisément sa partie extérieure dénommée l'exocol. La partie interne du col, non visible lors de l'examen, s'appelle l'endocol.

Le col est tapissé d'une muqueuse épaisse de plusieurs millimètres, recouverte d'une fine couche de cellules : l'épithélium dit cervical.

Pourquoi est-il fragile ? C'est au niveau de cet épithélium que peuvent apparaître les lésions. L'épithélium cervical a une composition différente suivant les diverses parties du col. Plus épais au niveau de l'exocol, il est fin et percé de glandes à mucus (cette fameuse glaire cervicale, dont la sécrétion augmente au moment de l'ovulation) au niveau de l'endo- col. Entre endocol et exocol, on trouve une zone particulièrement fragile : la zone de jonction.

C'est à ce niveau que peuvent pénétrer les virus transmis lors des rapports sexuels.

On pense que certains d'entre eux jouent un rôle - au moins partiel - dans l'apparition des cancers du col. Il s'agit surtout des virus de la famille des papillomavirus. Le rôle des virus de l'herpès a été évoqué, mais il semble moins certain.

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