Le syndrome de la mort subite du nourrisson : tout savoir

Mort Subite Nourrisson
La mort subite du nourrisson est souvent la pire angoisse des jeunes parents. Il est vrai que ce syndrome reste obscur, et qu’il semble frapper au hasard. Si la recherche peine encore à expliquer les causes de la MSN, les études permettent pourtant d’identifier certains facteurs de risque. Certains gestes préventifs permettent donc de limiter les risques.

Syndrome de mort subite du nourrisson : de quoi s'agit-il exactement ?

Le syndrome de la mort subite du nourrisson – SMSN, MSN pour Mort Subite du Nourrisson  ou SID (pour Sudden Infant Death) – demeure mal connu. La MSN frappe les enfants de moins de 1 an. On note que 90% des cas surgissent avant l'âge de 6 mois, et les plus exposés sont les nouveau-nés âgés de 8 semaines à 4 mois.

Le syndrome de la mort subite du nourrisson se produit le plus souvent durant le sommeil d'un bébé : le nouveau-né s'endort et il cesse de respirer. Il est alors retrouvé sans vie dans son berceau.

Le nouveau-né touché par la MSN est généralement en bonne santé, et lorsque le syndrome de la mort du nourrisson surgit, il n'y a pas de cause médicale apparente.

La mort subite du nourrisson constitue actuellement la première cause de mortalité infantile en France. On relève environ 500 cas par an, et la MSN touche deux fois plus les petits garçons que les petites filles. Les statistiques démontrent toutefois que le nombre de décès par MSN a baissé au cours des dernières décennies.

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Quels facteurs et causes de risque de la mort subite du nourrisson ?

À l'heure actuelle, les causes et mécanismes du syndrome de la mort subite du nourrisson demeurent très mal connus. Il semble d'ailleurs que la MSN ne soit pas liée à une cause particulière, mais qu'il s'agisse de l'association de multiples facteurs.

Les infections et problèmes mécaniques

Les études les plus récentes semblent pointer vers un facteur génétique, et plus spécifiquement vers un neurotransmetteur. On relève effectivement un déséquilibre de sérotonine dans 50% des cas de SMSN. On relève aussi fréquemment une déficience en acyl-CoA déshydrogénase à chaine moyenne (MCADD), un enzyme participant au catabolisme des lipides, chez les nourrissons victimes de MSN.

Si elles ne sont pas directement en cause, différentes infections pourraient constituer un facteur de risque supplémentaire : grippe, bronchiolite, adénovirus, rhinovirus, influenza, etc. Bien que cela demeure rarissime, il est envisageable que la prise d'un traitement médical puisse parfois être reliée au SMSN.

Dans 60 à 75% des cas de mort subite du nourrisson, le nouveau-né souffre d'une affection banale chez les tout-petits : le reflux gastro-oesophagien. Il arrive effectivement qu'un nouveau-né le tolère moins bien. C'est tout particulièrement le cas des bébés prématurés. Dans quelques cas de MSN, enfin, une malformation cardiaque ou pulmonaire peut être mise en cause.

L’hyper-réflectivité vagale

On estime que l'hyperréflectivité vagale est impliquée dans 20 à 25% des malaises graves du nourrisson, dont la MSN. Il s'agit d'une bradycardie réflexe (un ralentissement du coeur) qui entraine un arrêt circulatoire : le cerveau est privé d'oxygène, ce qui cause une perte de connaissance. On parle alors d'anoxie cérébrale. Ce type de problème cardiaque peut avoir des causes variées, notamment intestinales (en cas d'occlusion, par exemple).

Les nouveau-nés sujets à l'hyperréflectivité vagale font des malaises et ils peuvent également souffrir de convulsions et de spasmes du sanglot. Seul un examen permet de mettre en évidence ce trouble cardiaque : le Holter ECG. Pendant 24 heures, un appareil mesure le rythme cardiaque de bébé.

L'hyperthermie majeure

Les études mettent en évidence un lien entre l'hyperthermie majeure – autrement dit le coup de chaud – et le syndrome de mort subite du nourrisson. Le risque est particulièrement prononcé en cas de fièvre élevée prolongée lors d'une maladie infectieuse. Mais l'hyperthermie peut être causée par de nombreux facteurs extérieurs : trop de vêtements, chambre surchauffée, lit placé à proximité d'une source de chaleur...

Les accidents

Le syndrome de mort subite du nourrisson est parfois à mettre en relation avec des accidents domestiques. La plupart du temps, il s'agit de problèmes liées à la literie : couverture ou édredon retombant sur le visage au cours de la nuit, matelas ou oreiller trop mou, etc. Il s'agit là de causes extérieures contre lesquelles un nouveau-né n'est pas en mesure de réagir.

MSN ou MSIN ?

On parle de mort subite du nourrisson (MSN) lorsque l'examen post-mortem met en évidence des facteurs susceptibles d'expliquer le décès (infection, fièvre etc). Lorsque les examens post-mortem ne révèlent aucune cause pouvant être liée au décès, on parle de mort subite inexpliquée du nourrisson (MSIN). La MSIN représente 25% des cas.

Existe-t-il des signes prémonitoires de la mort subite ?

Bien que la MSN soit difficile à prévoir, certains signes peuvent alerter. C'est par exemple le cas d'un reflux gastro-oesophagien mal toléré. Les jeunes parents doivent prêter attention à certains symptômes tels que :

  • Perte d'appétit ;
  • Irritabilité ;
  • Somnolence et troubles du sommeil ;
  • Régurgitations fréquentes et abondantes ;
  • Troubles ORL à répétition.

Prudence également lorsque bébé manifeste des signes d'hyperréflectivité vagale – malaises, regard fixe, convulsions ou spasmes du sanglot.

Il est également important de faire preuve de vigilance au cours de situations à risques : forte fièvre (plus de 40°C), rhume... Il est tout particulièrement recommandé de faire preuve de vigilance lors des épidémies (grippe, bronchiolite, etc). Attention également aux troubles de la régulation thermique : modification de la coloration, sueurs.

Enfin, n'hésitez pas à consulter si bébé manifeste les "sinister symptons" de Valman : une perte d'appétit associée à une somnolence et à une irritabilité.

Les facteurs aggravants

La recherche a permis de mettre en évidence différents facteurs à risques.

Le premier est le tabagisme :

  • Tabagisme foetal : lorsque la future maman fume ;
  • Tabagisme passif : lorsque bébé est exposé à la fumée des adultes.

D'autres facteurs aggravent les risques de MSN :

  • Co-dodo ;
  • Chambre surchauffée ;
  • Mauvaise position de bébé (sur le ventre).

Comment prévenir la MSN ?

Les différentes études menées sur la mort subite du nourrisson permettent de dégager plusieurs facteurs de risques externes. Ainsi, même si les causes du SMSN demeurent floues, il est tout de même possible de diminuer les risques en agissant de manière préventive.

Dans la chambre de bébé

En premier lieu, veillez au choix de la literie. Préférez les structures rigides aux couffins, et évitez tout espace entre le bord du matelas et la paroi du lit. Optez pour un matelas et un oreiller suffisamment fermes.

Faites dormir bébé sur le dos plutôt que sur le ventre, et couvrez-le d'un linge de lit assez léger, afin qu'il puisse l'écarter en cas d'inconfort. Préférez la couverture ou la turbulette aux couettes et édredons.

Évitez systématiquement de coucher bébé avec une tétine (ou autre) autour du cou. Enfin, évitez les peluches et doudous trop volumineux.

Pour limiter les risques au maximum :

  • Placez le lit à bonne distance de toute source de chaleur (type radiateur) ;
  • Veillez une température de 17 à 20°C (max !) dans la chambre de bébé ;
  • Utilisez un humidificateur d'air afin de conserver un bon taux d'hydrométrie.

Au quotidien

Au quotidien, certains petits gestes contribuent à prévenir la MSN :

  • Évitez de trop couvrir bébé lorsque vous l'habillez ;
  • Assurez-vous qu'il s'hydrate correctement ;
  • Attendez 15 minutes au moins avant d'allonger bébé après le biberon ou la tétée.

Un nouveau-né est sujet à de petites affections sans conséquence... aussi longtemps qu'elles ne durent pas ! Ainsi, si bébé est sujet à des troubles ORL qui s'installent ou qui se reproduisent fréquemment, il est recommandé de consulter.

Les dispositifs de surveillance respiratoire

La MSN demeure rare, mais elle peut se révéler extrêmement anxiogène pour de jeunes parents. C'est votre cas ? Misez sur un dispositif de surveillance respiratoire. Cet appareil se place sous le matelas et il surveille la respiration de bébé pendant son sommeil. Il est à noter qu'il existe des variantes (type chausson connecté). Si ces appareils ne dispensent pas de faire preuve de vigilance, ils peuvent aider !

Que faire si je découvre bébé inanimé ?

La première chose à faire est de pratiquer un massage cardiaque. Contactez ensuite les secours en composant le 15, ou conduisez bébé à l'hôpital.

Comment se reconstruire après une MSN ?

La mort subite du nourrisson est une tragédie qui touche toute la famille : les parents, bien sûr, mais aussi la fratrie.

Les enfants présentent en effet fréquemment des signes d'anxiété, des troubles du sommeil, des troubles du comportement, voire des troubles alimentaires. Les parents ont quant à eux tendance à culpabiliser, ce qui est d'autant plus regrettable que dans 30% des cas, le SMSN se produit sans le moindre signe prémonitoire. Les professionnels recommandent d'en parler aussi librement que possible.

Petits et grands ont donc besoin d'être accompagnés. Il est recommandé de consulter un psychologue et/ou un pédopsychiatre. En complément, il est judicieux de s'orienter vers des associations spécialisées, comme Naître et Vivre, au sein desquelles vous aurez l'occasion d'échanger avec des écoutants, mais aussi avec d'autres parents ayant traversé cette épreuve. Il est à noter que la MSN affecte souvent d'autres membres de la famille, notamment les grands-parents. Pour eux aussi, la prise en charge psychologique est recommandée.

MSN : Où en est la recherche ?

La recherche étudie toujours activement le syndrome de mort subite du nourrisson. La France compte plusieurs Centres de Référence de la Mort Inattendue du Nourrisson (CRMIN) répartis à travers le pays. Ces établissements sont dédiés à l'accueil et au suivi des parents aussi bien qu'à la recherche, à la prévention et à la diffusion de l'information. Le CHU de Saint-Étienne compte parmi les établissements de référence en matière de mort subite du nourrisson. Les chercheurs y étudient notamment le système nerveux des bébés. À terme, il s'agira de parvenir à déterminer quels sont les nourrissons exposés au MSN afin de renforcer la prévention.

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