Accouchement prématuré : les moyens de l’éviter

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Beaucoup d’attention et de repos : c’est essentiel pour aller au terme de sa grossesse et assurer la sécurité de bébé.

La peinture de la chambre de bébé vient d'être achevée. Elodie, la future maman, est radieuse, mais fatiguée de tant travailler pour préparer le petit nid douillet... Restent encore quelques travaux à faire et quelques préparatifs avant la naissance.

« On a le temps, pense-t-elle. La naissance du bébé est prévue deux mois plus tard. Exactement deux mois et dix jours... »

Pourtant, les efforts physiques de la maman augmentent les risques d'accouchement prématuré. Et malgré tous les soins que l'on donne aujourd'hui aux petits prématurés, un accouchement avant terme recèle nombre de difficultés et de danger.

Les efforts et le stress mis en cause

Tout, dans le mode de vie — les efforts, le rythme de travail, le stress... — peut jouer un rôle dans la survenue d'un accouchement prématuré.

Les médecins ont très vite identifié, enquêtes à l'appui, la nature des gestes à risque. Ne faisant en cela que démontrer scientifiquement ce qu'affirmaient de façon empirique, et depuis longtemps, nos grands-mères.

Ainsi, lever les bras, porter des paquets lourds, se pencher en avant ou encore s'accroupir sont autant de gestes qui augmentent le risque d'une naissance avant l'heure.

Pour autant, chaque femme est différente et ce qui a été supporté par l'une ne le sera pas obligatoirement par une autre. Il est donc préférable de parler de son mode de vie avec le médecin et la sage-femme pour avoir une prise en charge individuelle.

Certaines femmes sont "à risque"

Certaines femmes présentent des caractéristiques anatomiques pouvant les prédisposer à accoucher d un enfant prématuré. Heureusement, les médecins peuvent aujourd'hui diagnostiquer ces femmes "à risque" et les suivre plus attentivement.

Le "col court"

Il fait partie de ces prédispositions naturelles. Normalement, le col de l'utérus est allongé et joue le rôle de verrou.

Ainsi, pas de sortie du bébé avant l'heure. Mais, quand le col est court, le dispositif de sécurité est moins efficace. Même chose quand le col se raccourcit trop précocement, parfois dès le cinquième ou le sixième mois.

La découverte à l'examen d'un col court ou prématurément raccourci est une sonnette d'alarme. Les futures mamans devront alors très vite se mettre au repos.

A noter : un col court peut être, notamment, la conséquence de l'effet in utero d'un médicament donné à leur mère pendant une grossesse : le distilbène.

La "béance du col"

Cela augmente aussi le risque de naissance avant l'heure. Cela arrive chez les femmes ayant déjà eu un accouchement prématuré, par exemple, ou une ou plusieurs fausses couches au deuxième trimestre de la grossesse.

Les grossesses multiples

Ou certaines maladies, comme une hypertension grave, peuvent conduire à déclencher prématurément l'accouchement pour préserver la santé du ou des bébés.

Prenez soin de vous !

La prématurité n'est pas une fatalité. De grands progrès médicaux ont été réalisés pour aider les futures mamans. Encore faut-il qu'elles ne passent pas outre les recommandations, même si elles ont déjà des enfants à la maison, même si leur carrière leur tient à cœur...

Le cocooning avant tout

S'organiser, se faire chouchouter, le principe de base de la prévention est simple... Tout commence par une prise de conscience. D'abord des gestes à risque, ensuite des sensations qui doivent donner l'alerte. Il faut apprendre à interpréter la sensation de pesanteur du bas-ventre provoquée par certains gestes.

Reste à s'organiser pour supprimer de son planning tous les mouvements dangereux.

Faire appel à la solidarité familiale

Le conjoint, bien sûr, mais aussi les grands-mères, les tantes, les frères et sœurs... L’un d'entre eux sera bien volontaire pour faire les courses et porter les paquets, l'autre pour la peinture, un autre, enfin, pour le déménagement éventuel...

Négocier avec son patron

C’est plus difficile mais, il faut essayer. Pourquoi ne pas s'entendre avec lui pour travailler à la maison en cas de risque ? Internet ouvre de larges possibilités. Profitons-en. Et attention : désormais, voyager n’est pas recommandé.

Faites-vous dorloter, le jeu en vaut largement la chandelle !

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Les bons réflexes en cas d'alerte

Ne soyez pas insouciante

Si vous ressentez des contractions régulières et rythmées et si vous avez une impression de pesanteurs pelviennes, un examen à la maternité ou chez l'obstétricien se révèle alors obligatoire. La mesure objective des contractions et l'évaluation de la longueur du col, faite sous échographie, donne immédiatement au médecin une idée du risque réel.

S'il s'agit d'une alerte minime

La menace n'en est pas moins à prendre au sérieux : le repos s'impose. La future maman doit s'arrêter de travailler, éviter les efforts, et il faut parfois respecter la position allongée. Le médecin peut aussi prescrire des médicaments anti-spasmodiques et des bêtamimétiques.

Interdisez-vous certaines activités

Les courses, les lessives, le bricolage et les grands rangements. Un peu de sagesse, la sécurité de bébé est en jeu. C’est facile à dire quand il s'agit d'un premier enfant, mais plus difficile quand il y a déjà un ou plusieurs enfants à la maison.  Là encore, la famille doit être mise à contribution.

Une sage-femme peut venir à domicile une fois par semaine

En plus du soutien moral, elle peut vite déceler l'apparition de signes anormaux : une sensation de pesanteur qui devient plus soutenue, le col de l'utérus qui se modifie... Bref, tout ce qui indique que le risque augmente un peu et qu'il impose une prise en charge plus importante.

Une aide à domicile

Pour assumer les tâches domestiques peut également être accordée, dans certains cas, par la PMI (protection maternelle et infantile) et le département.

Si la menace d'accouchement prématuré se précise

Il est parfois impossible d'éviter l'hospitalisation. Avec, toujours, deux examens de base les mesures des contractions et de la longueur du col. Si le col est court, le risque est très important. Il faut agir vite.

Si la grossesse est de moins de sept mois

La future maman sera transférée dans un centre hospitalier où il existe un service de réanimation néonatale. Dans les grandes villes, ce service peut être proche de chez vous. Mais ils ne sont pas légion dans toutes les régions.

Entre sept et huit mois de grossesse

Le transfert ne s'impose pas vers un centre ayant un service de réanimation de nouveau-nés, mais au moins dans une maternité associée avec un service de pédiatrie néonatale ayant en permanence un pédiatre de garde.

Là encore, le premier remède est le repos au lit, associé cette fois aux médicaments : les bêtamimétiques ou les anti-calciques pour lutter contre les contractions, et les corticoïdes donnés à la mère pour accélérer la maturation des poumons du bébé.

Quelques jours de traitement et de surveillance, et la situation se stabilise... Le retour à la maison est autorisé, avec une pléiade de recommandations.

Le respect de toutes ces précautions est impératif. L'hospitalisation permet aux femmes de comprendre ce que signifie le mot "repos".

Sinon, on continue à suivre les futures mamans à la maternité. En dépistant une éventuelle infection, dangereuse pour l'enfant. Et en cherchant à gagner du temps... Chaque jour compte et donne une chance de plus au bébé.

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