Le placenta : mieux comprendre cet organe méconnu

Placenta Femmes Enceinte
Essentiel pour le bébé, il est chargé de le nourrir et de l’oxygéner pendant toute sa vie intra-utérine. Gros plan sur cet organe méconnu et fascinant.

Le placenta se constitue à partir du trophoblaste, le premier tissu placentaire qui apparaît dans les 72 heures suivant la fécondation. Il est alors situé à la surface de l'œuf fécondé. Quand l'œuf s'implante dans l'utérus, le trophoblaste se différencie. Par la suite, ce tissu permettra de synthétiser de nombreuses hormones indispensables à son propre développement et à celui de l'enfant.

Il met alors une à deux semaines à se transformer en placenta. En début de grossesse, son volume est supérieur à celui de l'embryon. A trois mois et demi de grossesse, il est équivalent à celui du fœtus, et au moment de l'accouchement, il ne pèse plus que le sixième environ du poids du bébé.

Quel rôle joue-t-il ?

Son premier rôle se situe au moment de l'implantation de l'œuf dans la cavité utérine. Il doit tout mettre en œuvre pour que l'organisme maternel "l'accepte". Ce rôle se poursuit pendant toute la grossesse. Il doit aussi, de manière précoce, assurer la sécrétion de multiples substances en particulier hormonales, un deuxième rôle qui va s'amplifiant au cours de la grossesse.

Les hormones que le placenta sécrète passent, pour la plupart, dans la circulation maternelle. Et ce très tôt, puisque c'est en dosant l'hormone HCG que l'on peut faire un diagnostic de grossesse dans les jours suivant l'implantation. C'est grâce à ces hormones que le métabolisme maternel change, que la future mère prend du poids, que son utérus croît.

Dans le même temps, ces hormones participent à la préparation à l'accouchement et à l'allaitement, notamment en favorisant le développement de la glande mammaire. Parallèlement, le placenta a un rôle de nutrition du fœtus et d'élimination de ses déchets métaboliques. De même, par des échanges d'oxygène et de gaz carbonique entre la mère et le fœtus, il permet à l'enfant de respirer, mais aussi de rejeter le gaz carbonique qu'il produit. Il n'y a pas de communication directe entre les circulations maternelle et fœtale. Les échanges entre le sang de la mère et celui de l'enfant se font à travers les parois du placenta, mais leurs sangs ne se mélangent jamais.

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Le placenta laisse-t-il passer que de "bonnes choses" ?

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C'est le cas en début de grossesse, à des périodes de grande fragilité de l'embryon. Il est alors imperméable à la plupart des bactéries, à un grand nombre de virus (le VIH, le virus responsable de l'hépatite C), à certains médicaments.

En revanche, plus on avance dans la grossesse et plus il devient poreux, avec de bons et de mauvais côtés. En permettant le passage de davantage de nutriments en provenance de la mère, il nourrit mieux le bébé et en laissant passer les anticorps maternels, il le protège contre les infections. C'est d'autant plus important que, dès le troisième ou le quatrième mois de grossesse, il laisse passer de "mauvaises" choses : des bactéries, certains virus, des médicaments éventuellement pris par la mère... Et il n'est, à aucun moment de la grossesse, capable de protéger le fœtus contre les produits toxiques contenus dans le tabac, l'alcool, certaines drogues comme la cocaïne.

Les jumeaux partagent-ils le même placenta ?

30 % des jumeaux monozygotes (ceux issus d'un même œuf) partagent le même et l'on s'en aperçoit dès la première échographie. Cela peut obliger, dans un nombre de cas limité, à surveiller particulièrement la grossesse.

D’autres jumeaux ont chacun leur placenta. Ils sont un peu à l'étroit dans la cavité utérine mais, hormis le fait qu'ils naîtront de plus faible poids, cela n'a pas d'incidence sur leur santé.

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Quels examens permettent de surveiller sa santé ?

L'échographie couplée à l'effet Doppler permet d'observer le placenta et, notamment, la façon dont il est irrigué par la circulation sanguine maternelle. Si celle-ci est déficiente, le placenta fonctionne moins bien, ce qui peut donner un bébé de petit poids.

Lorsque ce type de diagnostic est posé, l'obstétricien est susceptible de prescrire de l'aspirine à toute petite dose, à prendre pendant toute la grossesse pour éviter un retard de croissance intra-utérine.

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Certaines maladies peuvent-elles l'atteindre ?

Photo D'un Vrai Placenta
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Certaines pathologies maternelles (hypertension artérielle, forme grave de diabète) n'ayant pas été prises en charge de manière préventive peuvent retentir sur le placenta et freiner le développement de l'enfant.

Quand elles sont détectées en cours de grossesse, on sait, aujourd'hui, diminuer les complications. Cependant, il est des maladies comme la listériose qui s'attaquent préférentiellement au placenta et peuvent entraîner une interruption de la grossesse.

Le placenta peut-il créer des problèmes à l'accouchement ?

Le plus souvent, l'insertion du placenta se situe sur le fond de l'utérus. Mais il arrive aussi qu'il s'implante tout près du col ou à cheval sur le col de l'utérus. C'est ce que l'on appelle un placenta praevia, une malposition que les échographistes diagnostiquent avant l'accouchement. Dans ce cas, la future maman peut être obligée d'accoucher par césarienne car le placenta peut barrer la route à l'enfant au moment de la naissance.

Dessin D'un Placenta Preavia
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Il existe aussi des cas où il est implanté si profondément dans l'épaisseur de la paroi utérine (placenta accreta) qu'il ne parvient pas à se décoller sous l'effet des contractions. L'obstétricien doit pratiquer ce que l'on nomme une révision utérine pour le déloger.

Quand est-il expulsé ?

Lorsque l'utérus a "décidé" de déclencher l'expulsion de l'enfant, il fait tout pour se vider, notamment sous l'effet d'une hormone appelée ocytocine.

Une fois qu'il a expulsé le bébé, il expulse le placenta et les membranes amniotiques. En général, cela se produit 20 à 30 minutes après la naissance. Et si l'on accouche par césarienne, l'obstétricien détache le placenta en faisant, là encore, une révision utérine.

Pourquoi les sages-femmes l'examinent-elles ?

Afin de vérifier son intégrité. Le moindre débris resté dans l'utérus empêche celui-ci de se recontracter et les vaisseaux risquent alors de saigner. Il peut s'ensuivre une hémorragie de la délivrance qui, si elle se poursuit, peut mettre la vie de la mère en danger. En cas de moindre doute, le médecin pratique une révision utérine sous anesthésie générale de courte durée. Sauf, bien sûr, si la mère est sous péridurale.

Ensuite, la sage-femme pèse le placenta car son poids doit être, en principe, le sixième de celui du bébé. Un petit placenta peut, notamment, expliquer un retard de croissance de l'enfant.

Tous les placentas issus d'une grossesse pathologique (bébé trop gros ou trop maigres, jumeaux, enfants nés prématurément sans que l'on sache pour- quoi, bébés présentant une malformation mineure diagnostiquée en cours de grossesse...) sont envoyés dans un laboratoire d'anatomopathologie.

Objectif : apporter un élément complémentaire au diagnostic de pathologies maternelles (hypertension artérielle, diabète) qui n'auraient pas été découvertes avant la grossesse ou dont les médecins ne seraient pas sûrs. Ceci pour prévenir les récidives lors d'une autre grossesse ou rassurer la mère lorsque, par exemple, on découvre qu'un bébé est né petit parce qu'il avait un petit placenta.

Fait-il l'objet de recherches ?

Elles sont en cours de recherches. En apprendre davantage, notamment sur sa physiologie, permettrait de mieux comprendre certaines pathologies fœtales, comme les retards de développement intra-utérin, et certaines malformations.

À la recherche de maladies génétiques

La biopsie du trophoblaste se pratique par voie abdominale, sous échographie. Le médecin introduit une aiguille dans le placenta de façon à en prélever un fragment, par aspiration ou à l'aide d'une pince.

C'est à partir de ce fragment que, grâce à la biologie moléculaire, on peut poser le diagnostic des maladies génétiques les plus connues et les plus mais aussi celui de maladies extrêmement rares à partir du moment où l'on connaît le gène en causez On a pensé, pendant un temps, que cet examen était plus risqué que l'amniocentèse. Aujourd'hui, on sait qu’il n'entraîne pas davantage d'interruptions de grossesse, à condition d'être pratiqué par un médecin entraîné et dans un centre spécialisé. De plus, il peut être fait beaucoup plus précocement que l'amniocentèse : à 11 semaines d'aménorrhée, soit 9 semaines de grossesse, et il suffit ensuite d'attendre 3 à 4 jours pour obtenir le résultat.

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