Femmes : comment passer facilement le cap de la cinquantaine ?

Femme Cinquantaine Heureuse
Franchir la cinquantaine sans “blues”, un défi possible aujourd’hui. On peut même y puiser une nouvelle énergie.

Les facteurs déterminants

Les gynécologues ont remarqué qu'à la ménopause - voire avant, autour de la cinquantaine - beaucoup de femmes vivaient une période difficile, sans forcément en faire état. Il s'agit rarement d'une dépression, mais plutôt d'un grand blues qui entraîne remises en question, angoisses et idées noires. Pour aider les femmes à surmonter ce cap, les recherches se développent, médecins et thérapeutes sont plus à l'écoute. Les femmes souffrent-elles d'une dépression, avant ou au début de la ménopause ? La réponse est nuancée. La plupart des gynécologues ne parlent pas de dépression. En effet, en psychiatrie la dépression correspond à, ici on parlera plutôt de réaction ou d’humeur dépressive. Nous n’avons pas encore toutes les clés du problème.

Plusieurs facteurs entrent en jeu avec, pour certaines femmes, une sensibilité particulière à ce bouleversement hormonal. Actuellement, les études américaines ne constatent pas de lien entre dépression et début de ménopause. Elles ne confirment pas ce que nous observons en consultation : beaucoup de patientes proches de la ménopause sont en proie à un mal-être profond. Cela ne veut pas dire que toutes les femmes sont déprimées. Peut-être consulte-t-on davantage quand on ne va pas bien moralement. Les études parlent toutefois de mal-être prononcé quand la périménopause est désagréable, avec dérèglement des cycles et bouffées de chaleur, et qu'elle dure plus de deux ans. Or, nous recevons des patientes qui ne ressentent aucun de ces symptômes et sont très déprimées, alors que d'autres sont atteintes physiquement et continuent à avoir la pêche ! »

S'adapter au chahut hormonal

De l'adolescence à la ménopause, en passant par les grossesses et les règles, le corps féminin est en perpétuel changement hormonal. On s'adapte forcément, mais cette adaptation peut rendre sensible. Il suffit de songer à ces petites déprimes que certaines femmes ressentent au moment de l'ovulation ou au début des règles, ou qui sont très déprimées sous pilule. Qui dit règles signifie régularité. Cette mécanique de précision qu'est le cycle menstruel est garante d'une régularité du sommeil, de l'appétit et de la vie en général. Les changements les plus difficiles interviennent donc avec le chahut hormonal de la périménopause. Troubles du sommeil, irritabilité, boulimie ou manque d'appétit prennent souvent par surprise. On était correctement réglée et, d'un coup, on saute deux cycles ou on a deux fois ses règles le même mois. "C'est normal, vous en avez en moyenne pour deux à cinq ans comme ça", disent les gynécologues compréhensifs mais parfois un peu impatients face aux femmes qui s'angoissent, les relancent au téléphone, et pour qui la mise au point du traitement se fait souvent par tâtonnements sur plusieurs consultations. La ménopause met en jeu tout un système de croyances auquel certaines femmes adhèrent depuis toutes petites et qui les perturbent profondément. Des "on dit" qui se répètent de génération en génération : "La ménopause, c'est la fin pour les femmes", "Dans notre famille, les femmes prennent 10 kilos", "À 50 ans, une femme seule ne peut plus refaire sa vie"... Les femmes anticipent ainsi une soi-disant "date de péremption". « Jusqu'à il y a peu, la femme n'était autorisée à exister qu'en tant que mère. Dès lors qu'elle ne disposait plus de la fonction de reproduction qui justifiait son existence, il ne lui restait qu'à se résigner. » On n'en est plus là !

Bien souvent, la perte de la fécondité blesse beaucoup de femmes. Mais cette perte n'est réelle que sur le plan physique. C'est souvent après 50 ans qu'on se donne davantage le droit de vivre pour soi et de créer dans un domaine intellectuel ou relationnel. Si l'on ne se sent pas l'âme d'une artiste, on peut faire énormément de bien autour de soi auprès des siens et, pourquoi pas, sur le plan associatif en apportant ses qualités d'organisation, de pédagogie ou de sensibilité à ceux qui en ont besoin. Professionnellement, il est bon de faire des projets. Et faute de toujours pouvoir laisser tomber un travail trop lourd, on peut déjà se poser la question : « De quoi ai-je vraiment envie ?" et en discuter avec ses amies qui ont trouvé de nouvelles passions.

Femme Cinquante Ans Heureuse
© istock

Se faire aider par un spécialiste et faire face

Il est rare que l'on donne un antidépresseur à une femme déprimée à l'approche de la ménopause, puisqu'il ne s'agit pas de dépression au sens psychiatrique du terme. En revanche, une thérapie de soutien avec un psychothérapeute peut être une bonne solution. On doit quand même faire face à l'idée qu'on vieillit. En parler aide à faire la paix avec soi et élaborer de nouveaux projets de vie.

Il existe des coachs qui aident les femmes à se resituer dans leurs valeurs et à prendre conscience qu'il y a plusieurs étapes dans la vie. Nos existences se mesurent en cycles, en chapitres de vie, et ne se déroulent plus de façon linéaire. Le changement inscrit dans notre corps de femme rythme toute notre vie. Et se remettre en question est essentiel quand la routine reprend le dessus. Chaque chapitre de notre vie doit donc être abordé avec des périodes de transition. Un travail sur soi permet de passer chaque cap.

Vivre avec ses valeurs

Trop de femmes vivent en conformité avec ce qu'on attend d'elles, ou ce qu'elles imaginent que l'on attend d'elles. Pour répondre aux désirs dictés par une société, elles s'éloignent d'elles-mêmes. Entre elles et l'image qu'elle veulent donner se crée un fossé dont elles ne savent que faire le jour où elles s'aperçoivent qu'elles ne sont plus conformes (plus assez jeunes, plus assez minces, plus aussi jolies) avec les dictats sociaux d'éternelle jeunesse. Le fondement de l'harmonie est en soi. C'est pourquoi, pour être belle, de cette beauté qui irradie, il est si important de se construire une identité solide, d'être fidèle à soi-même en tant que femme et de garder toujours en tête ses choix et ses valeurs. Un lifting, une liposuccion, pourquoi pas si cela permet de se sentir mieux. Mais attention de ne pas agir surtout pour répondre à ce que l'on imagine être le désir de l'autre. Nous sommes des êtres en perpétuel changement, en perpétuel devenir : c'est ce qui fait la force de chacun et l'intérêt de tous les âges.

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